Grand débat national : "Il faut maintenant rentrer dans le débat car le débat permet de sortir de la violence"

Jean-Luc Moudenc, le 19 septembre 2018, à la 18e conférence de villes.
Jean-Luc Moudenc, le 19 septembre 2018, à la 18e conférence de villes. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Après le grand débat national, le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, espère mardi sur franceinfo "une relance de la décentralisation", qui pourrait selon lui faire émerger "un certain nombre de solutions intéressantes pour l'avenir du pays".

"Il faut maintenant rentrer dans le débat car le débat permet de sortir de la violence", a expliqué sur franceinfo mardi 15 janvier Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, président de l’association France urbaine, alors que le grand débat national sera lancé officiellement mardi par le président de la République dans l'Eure, à Grand-Bourgtheroulde.

franceinfo : Avez-vous des doutes sur l'indépendance de ce grand débat national qui démarre aujourd'hui ?

Jean-Luc Moudenc : Je comprends que c'est difficile d'organiser un tel débat car jamais il n'a été organisé. Il faut maintenant rentrer dans le débat car le débat permet de sortir de la violence. Le débat plutôt que la violence est une ligne majeure quand on est en démocratie. Il y a des modalités qui ont été définies et cela a mis du temps, le gouvernement a tâtonné, il n'y a aucun précédent. Maintenant il faut y aller, il ne faut pas que nous soyons dans le doute permanent, même si c'est un penchant de notre peuple.

Emmanuel Macron sera à Toulouse jeudi pour présenter ses vœux à l'armée. Aujourd'hui dans l'Eure il va d'abord s'adresser aux maires. Est-ce suffisant ?

Le président de la République vient pour présenter ses vœux aux armées puisque nous avons une unité militaire à Toulouse-Francazal. Le lendemain, il y aura un contact avec les maires d'Occitanie, puisque nous le retrouverons dans le Lot à Souillac. Je pense que ce sera une occasion d'échanges avec des élus locaux. C'est l'engagement qu'il a pris. On ne peut pas pendant 18 mois avoir clamé partout que les maires ne sont pas écoutés et sembler regretter que le président de la République leur consacre du temps. Les maires sont reconnus dans leur très grande diversité politique, géographique comme étant représentatifs, nous sommes au contact de la population, peut-être que plus que n'importe quel élu et nous avons des témoignages quotidiens sur les problèmes que vivent que les gens. Nous sommes un corps intermédiaire assez intéressant à consulter. Le pouvoir dans notre pays est un pouvoir qui est resté encore trop centralisé, trop jacobin, trop technocratique. La technocratie de certaines grandes administrations de l'Etat prend trop souvent le pas sur la volonté du président de la République et du gouvernement. Si on peut à la suite de ce grand débat avoir une relance de la décentralisation, faire confiance davantage au terrain, aux initiatives locales je pense qu'on aura un certain nombre de solutions intéressantes pour l'avenir du pays.

En tant que maire de Toulouse, quel rôle allez-vous jouer dans ce débat ?

Moi j'ai décidé d'être facilitateur du débat. Je pense que ce n'est pas à moi d'organiser le débat. Si je l'organisais, il y a des élections municipales l'an prochain, je serais soupçonné de ceci ou de cela. Je préfère faciliter le débat et que l'on mette à disposition des salles, tout le réseau des moyens de communication de la collectivité. Moi-même j'ai à participer à tel ou tel débat. Je ne peux pas être organisateur et contributeur au débat. À partir d'aujourd'hui dans une trentaine de lieux, de mairies quartiers, des maisons de la citoyenneté et au capitole, il y a aura la lettre du président de la République, les thèmes qui sont indiqués et un cahier où il y a la possibilité pour qui veut y aller de s'exprimer sur les quatre thèmes et sur d'autres sujets en dehors des autres thèmes.

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