Grand débat national : des acteurs de la culture, thématique absente, organisent leur propre concertation

Les participants au grand débat sur la culture, organisé au 104 à Paris, dimanche 10 mars.
Les participants au grand débat sur la culture, organisé au 104 à Paris, dimanche 10 mars. (YANN BERTRAND / RADIO FRANCE)

"Beaux Arts magazine" et la Fondation du patrimoine ont lancé leur propre consultation sur la culture, thématique absente du grand débat. Dimanche, au 104 à Paris, les citoyens ont pu échanger leurs idées. 

La culture n'a pas été retenue parmi les thèmes du grand débat national lancé par le gouvernement. Pour combler ce manque, certains acteurs du secteur ont décidé de lancer leur propre concertation. Ainsi, Beaux Arts magazine et la Fondation du patrimoine ont lancé une consultation sur internet et organisent plusieurs débats sur tout le territoire. Dimanche 11 mars, au 104 à Paris, les citoyens ont pu échanger sur cette thématique. 

Des propositions données au ministre de la Culture

Le rendez-vous a rassemblé du monde, dans le lieu culturel parisien, avec des acteurs culturels mais aussi des citoyens et surtout beaucoup de personnes âgées. "J'étais content de me rendre compte que je connaissais à peine 20% de la salle", s'est réjoui José-Manuel Gonçalvès, le directeur de l'établissement. Lui et ses collègues organisateurs se sont mis en retrait, pour laisser les participants former des ateliers.

L'éducation artistique, la culture pour tous, le patrimoine et le rapport entre lieux culturels et territoires sont les thèmes retenus. Ils suscitent de vives réactions : "Regardez, vous êtes tous blancs ici. Comment on fait ?", interroge une des participants. Autour d'eux, des modérateurs recueillent les propositions qui seront remises au ministre de la Culture dans quelques jours. "Il y a des propositions à faire pour que les jeunes de province puissent se défouler au lieu de devenir déliquant", estime ainsi une des citoyennes, aussitôt rabrouée par ses collègues d'un jour. "Vous ne connaissez pas la France profonde, vous êtes tellement parisiens !", leur rétorque-t-elle. 

Les organisateurs critiques envers l'exécutif

L'objectif des organisateurs est notamment de montrer que la culture a sa place au sein du grand débat. "La culture concerne tout le monde. C'est ce qui fédère le plus une nation", affirme Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction de Beaux-Arts magazine, à l'initiative de ce grand débat improvisé. Il est très dur envers le gouvernement, qui n'a pas inclus la thématique dans la concertation : "Les politiques ont peur de la culture. L'une des choses dont on a besoin aujourd'hui en France de la part de nos responsables politiques, c'est qu'ils soient des modèles. La culture, ça entraîne les autres."

L'absence de la culture du grand débat national est d'autant plus impensable que le secteur est important sur le plan économique, pour José-Manuel Gonçalvès : "Les touristes qui viennent en France ne viennent pas visiter les entreprises du CAC 40. Il y a une sorte de gêne, comme si la culture redevenait la cerise sur le gâteau et qu'au fond, comme on n'a pas encore le gâteau, on ne va pas encore poser la cerise."

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