Grand débat : "Emmanuel Macron est là pour écouter" les jeunes, pas pour un "cours magistral", espère le parti Allons Enfants

Emmanuel Macron, lors d\'une séance du grand débat national, à Bourg-de-Péage (Drôme), le 24 janvier 2019.
Emmanuel Macron, lors d'une séance du grand débat national, à Bourg-de-Péage (Drôme), le 24 janvier 2019. (EMMANUEL FOUDROT / POOL)

Sophie Caillaud, présidente du parti Allons Enfants, souhaite que le président de la République ne "monopolise pas" la parole lors du débat, jeudi, avec les jeunes, en Saône-et-Loire.

"Tous les endroits sont bons pour s'adresser à la jeunesse, ce qui compte c'est de s'adresser à elle", a réagi jeudi 7 février Sophie Caillaud, la présidente du parti Allons Enfants, alors qu'Emmanuel Macron va échanger avec des jeunes en Saône-et-Loire dans le cadre du grand débat national.

>>Direct. Emmanuel Macron devant des élus et des 15-25 ans en Bourgogne

franceinfo : Le président a parlé très longuement avec les élus, en attendez-vous autant avec les jeunes ?

Sophie Caillaud : Ce qui est important, c'est de laisser s'exprimer les jeunes, de laisser parler les jeunes, et dans ce débat, ce sont plus les jeunes entre eux qui doivent parler qu'Emmanuel Macron. Lui est là pour écouter. Donc, oui il faudra calculer, il faudra savoir si les jeunes ont vraiment eu la parole et ont pu exprimer ce qu'ils avaient à dire plus que le président qui doit être là pour recueillir leurs idées et pas pour monopoliser la parole.

Le président a choisi une commune rurale du Morvan, Etang-sur-Arroux, est-ce un bon endroit pour débattre avec les jeunes ?

Tous les endroits sont bons pour s'adresser à la jeunesse, ce qui compte c'est de s'adresser à elle, donc tout ce qui se passe c'est bien. Après, ce que je redoute un peu, c'est que ce soit seulement un coup de communication ou de marketing politique parce que j'ai cru comprendre qu'ils seraient 1 000 jeunes dans la salle face à Emmanuel Macron et deux ministres. Si c'est simplement pour que ça se transforme en cours magistral du président et des ministres qui parlent aux jeunes, ce serait un peu dommage.

Êtes-vous satisfaite que le président Emmanuel Macron rencontre des jeunes pendant le grand débat national ?

Je pense qu'il n'est jamais trop tard et heureusement, il était temps d'ailleurs qu'il s'y mette. Ce que je trouve plutôt dommage c'est que cela n'ait pas été anticipé en amont, dans l'organisation du grand débat qui a été faite dans la précipitation. Et comme la jeunesse n'est pas une des préoccupations du gouvernement, on voit bien que rien n'avait été pensé, ni anticipé pour attirer les jeunes. C'est quelque chose qu'on retrouve dans la politique française depuis plusieurs années voire depuis des décennies, ça fait très longtemps que les jeunes ne sont plus associés à la prise de décision. On ne demande pas leur avis aux jeunes et c'est pour ça que les jeunes ne se sentent plus au cœur des préoccupations des femmes et des hommes politiques. Donc, ils pensent que ça ne sert à rien de participer parce qu'ils ne sont pas intéressés par eux.

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