VIDEO. "S'il faut que l'on casse, on va casser" : les salariés d'Ascoval lancent un appel au gouvernement

Gilles Gallinaro

280 emplois sont menacés à l'aciérie d'Ascoval, à Saint-Saulve (Nord). Ce mardi, à l'issue d'une réunion en présence de la nouvelle secrétaire d'État à l'Économie et aux finances, syndicats et élus locaux ont dit leur colère. 

L'espoir des 281 salariés d'Ascoval à Saint-Saulve de voir leur aciérie reprise, s'amenuise. Cette entreprise du Nord est placée en redressement judiciaire depuis le début de l'année 2018. Lundi 22 octobre, le principal actionnaire et ancienne maison mère, Vallourec, a refusé de soutenir la seule offre ferme de reprise.

"C'est fini maintenant, on ne joue plus", s'est emporté mardi 23 octobre Bruno Kopczynski, le porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval. Il est sorti très énervé d'une table ronde à Valenciennes en présence d'élus locaux, de représentants syndicaux et de la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher. Pour l'intersyndicale, le gouvernement doit intervenir directement dans le dossier de reprise et peser sur Vallourec. 

Philippe Verbeke, coordinateur national pour le CGT sidérurgie, a estimé que "des milliers d'emplois étaient maintenant en jeu dans les Hauts-de-France". Au-delà des 281 postes d'Ascoval, les sous-traitants seront directement impactés. "C'est un sujet aussi grave et emblématique que la fermeture des hauts fourneaux de Florange en 2012", a-t-il précisé.  

Le seul espoir qu'il reste, c'est que le gouvernement vire les dirigeants qui ont fait preuve de leur incompétence.

Fabien Roussel, député PCF du Nord

à franceinfo

Les politiques aussi ont réagi à l'issue de cette réunion. Valérie Létard, sénatrice (UC) du département du Nord, se demande "pourquoi le gouvernement ne prend pas le taureau par les cornes et s'occupe de sa filière acier sérieusement !". "Le seul espoir qu'il reste, c'est que le gouvernement reprenne la main, vire les dirigeants qui ont fait preuve de leur incompétence, a détaillé vivement Fabien Roussel, le député PCF du Nord. Le groupe Vallourec a perdu 300 millions d'euros en un semestre."

De son côté, l'État espère "une solution de sortie" sous certaines conditions. "Si le candidat à la reprise Altifort est capable avec notre appui de continuer à monter un plan qui tienne, on le soutiendra", a expliqué Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État à l'Économie. Elle a souligné que le gouvernement était capable d'apporter du "financement public". 

Un appel au boycott de la visite d'Emmanuel Macron

Bruno Kopczynski, le porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval, a appelé les élus locaux à boycotter la venue d'Emmanuel Macron dans les Hauts-de-France le 7 novembre prochain. "Je lance aujourd'hui un appel à tous les élus de notre territoire qui ont un peu de dignité et de respect pour les salariés qui vont crever de faim. Tournez-lui le dos !", a-t-il conclu. 

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