Le Maire, Darmanin, Hulot... Avant d'entrer au gouvernement, ils ont dézingué Macron

Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, le 12 septembre 2016, à Paris. 
Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, le 12 septembre 2016, à Paris.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

En nommant des personnalités issues des Républicains ou de la société civile, le président de la République dispose d'une équipe gouvernementale composée d'anciens opposants. Florilège de leurs critiques (passées). 

Qui aime bien, châtie bien ? Avant de rallier Emmanuel Macron, François Bayrou avait multiplié les critiques à son égard. Il a été nommé, mercredi 17 mai, ministre de la Justice. Et il n'est pas le seul. En formant un gouvernement avec des personnalités issues de la gauche, du centre et de la droite, ou encore de la société civile, le président de la République a nommé d'anciens opposants. Voici une sélection de leurs propos acerbes à l'égard d'Emmanuel Macron. 

Bruno Le Maire

A 48 ans, le député Les Républicains de l’Eure est nommé ministre de l'Economie. "Emmanuel Macron, c'est l'homme sans projet, parce que c'est l'homme sans convictions, a déclaré le 19 février l'ancien candidat à la primaire de la droite. Il dit tout et son contraire, selon ses auditeurs. On sait que ce projet est déjà caduc car il pourra être contredit dans la minute qui suit."

Gérald Darmanin

Le sarkozyste Gérald Darmanin, nommé mercredi ministre de l'Action et des Comptes publics, a lui aussi égratigné Emmanuel Macron à plusieurs reprises. 

Le maire de Tourcoing s'en était pris au candidat d'En marche ! après qu'il eut qualifié la colonisation française de "crime contre l’humanité". "Honte à @EmmanuelMacron qui insulte la France à l'étranger : la colonisation de la France était un crime contre l'humanité", avait-il écrit sur Twitter. "Crachats inacceptables de @EmmanuelMacron sur la tombe des Français tirailleurs, supplétifs, harkis morts pour une France qu'ils aimaient", a-t-il ajouté. Deux tweets désormais supprimés... 

Dans L'Opinion, le 25 janvier, Gérald Darmanin sortait la sulfateuse, dans une tribune intitulée : "Le bobopopulisme de monsieur Macron". Le président incarne, aux yeux de l'élu LR, un "populisme light, nouveau, à visage humain, comme aurait dit l’autre". Et il poursuit : "Derrière ce populisme, se cache le drame de la France : celui de ne pas dire la vérité aux Français, de ne pas faire de réformes, de ne pas préciser ses intentions."

C’est la fin de la Ve République telle qu’on la connaît : monsieur Macron n’aura pas de majorité, ou alors de circonstances, et cela durera ce que durent les amours de vacances. Loin d’être le remède d’un pays malade, il sera au contraire son poison définitif. Son élection, ce qu’au diable ne plaise, précipiterait la France dans l’instabilité institutionnelle et conduira à l’éclatement de notre vie politique.Gérald Darmanindans "L'Opinion"

Nicolas Hulot

Après avoir été courtisé par la gauche comme par la droite, l'écologiste Nicolas Hulot entre au gouvernement au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. En avril, en pleine campagne présidentielle, Le Journal du dimanche avait demandé à l'ancien animateur de télévision d'évaluer les propositions des candidats en matière d'écologie. Il était sans appel vis-à-vis du candidat d'En marche ! : "Quant à Macron, il n'a pas compris que c'est bien un modèle ultralibéral qui est à l'origine de la crise écolo."

Le 29 avril, Nicolas Hulot expliquait son "vote de raison, pas d’adhésion" en faveur d'Emmanuel Macron, dans une tribune au Monde (article abonnés). L'écologiste lui reprochait de favoriser "un modèle qui semble préférer le libre-échange au juste échange, la croissance à la prospérité, l’écologie saupoudrée ici et là à l’écologie intégrale. Comme si la crise écologique ne conditionnait pas l’ensemble de nos choix économiques."

Marielle de Sarnez

En charge des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, s'en est aussi prise au "flou" d'Emmanuel Macron. 

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