La réforme de l'apprentissage, une mesure qui "va dans le bon sens"

Photo d\'illustration prise à l\'occasion du 25e Salon de l\'apprentissage et de l\'alternance à Paris, le 2 février 2018.
Photo d'illustration prise à l'occasion du 25e Salon de l'apprentissage et de l'alternance à Paris, le 2 février 2018. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Alors que l'Assemblée nationale doit adopter définitivement la réforme de l'apprentissage, mercredi après-midi, les avis sont quasiment unanimes sur le bien-fondé de cette mesure.

Avec l’adoption définitive par les députés de la réforme de l’apprentissage, dans l’après-midi du 1er août, le gouvernement souhaite rendre plus attrayante cette voie. "En apprentissage, on ne peut pas se mentir, si ce n’est pas fait pour nous, on s’en rend compte tout de suite", explique Romain, qui a décidé de se reconvertir à l’âge de 25 ans.

D’agent immobilier à Londres, il est devenu cuisinier et espère un jour créer une chaîne de restauration rapide. Pour cela, il a choisi l'apprentissage comme près de 400 000 jeunes en France. Romain pense que c’est le meilleur moyen de tester sa nouvelle vocation, car "on est directement plongé dans la réalité du métier, dans la réalité de l’industrie".

La limite d'âge allongée, "une bonne chose"

La réussite est au rendez-vous. Romain vient de finir son apprentissage dans un grand hôtel parisien. Selon lui, il est loin d'être le seul à avoir fait une reconversion tardive. Parmi les amis qu’il connait depuis le lycée, "il n'y en a pas un qui fait la même chose que ce qu'il a fait juste après le lycée. Tout le monde se cherche un petit peu". Cette réforme qui prévoit notamment de repousser la limite d’âge de 26 à 30 ans "est une bonne chose", estime Romain.

Cette mesure a été testée dans neuf régions de France depuis janvier 2017 et plusieurs milliers de jeunes ont déjà pu en profiter. Pour Morgan Marietti, c'était presque une évidence. "Aujourd'hui, les retours sont ultra positifs donc la généralisation dans la loi va dans le bon sens", rapporte celui qui a cofondé une entreprise qui accompagne les employeurs et les jeunes en apprentissage.

Le cœur du sujet, il est quand même beaucoup plus sur des gens qui ont 16, 18, 20 ans.Vincent Coasse
vice-président de la Fédération de la formation professionnelle

Pour les syndicats patronaux, la réforme de l'apprentissage devrait au contraire viser en priorité les plus jeunes. "L'idée, c'est de faire que plus jeune, ils puissent suivre les bonnes formations, dans un cadre bien géré, qui leur permettront de ne pas se retrouver dans ce genre de situation. C'est ça l'objectif", explique Vincent Coasse.

Malgré tout, cette réforme va dans le bon sens, estime le vice-président de la Fédération de la formation professionnelle, car "il y a une volonté d'abord de multiplier ces contrats d'apprentis".  Toutefois, "il faut s'assurer aussi que les PME puissent développer également l'apprentissage, que les grandes entreprises puissent continuer à trouver des compétences dont elles ont besoin. C'est tout un ensemble à la fois quantitatif et qualitatif qu'il va falloir suivre", prévient Vincent Coasse.

Le gouvernement espère attirer encore plus de jeunes vers l'apprentissage, qu'il considère comme une "voie royale vers l'emploi". Selon le ministère du travail, 7 jeunes sur 10 trouvent un emploi après. En 2017-2018, le nombre de signatures en apprentissage a atteint un niveau record avec 307 000 nouveaux jeunes.

"En apprentissage, on ne peut pas se mentir" - reportage d'Evan Lebastard
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