Hausse des tarifs autoroutiers : un débat sans fin

France 3

Ceux qui emprunteront l'autoroute ce vendredi 1er février remarqueront une augmentation des tarifs d'un peu moins de 2%. Exception faite pour les personnes qui paient un abonnement pour un trajet précis. Depuis 15 ans et les privatisations des sociétés d'autoroutes, les tarifs augmentent pour les usagers.

La hausse annuelle du tarif des péages n'a pas pu être évitée par l'État, qui apparaît impuissant face aux sociétés d'autoroutes. Depuis les années 50 et les premières constructions d'autoroutes, la question s'est posée de confier ou non leur entretien à des sociétés privées.

En 2004, le gouvernement, alors dirigé par Jean-Pierre Raffarin, avait tranché : "Nous avons décidé de ne pas faire cette privatisation parce qu'il allait nous manquer ce revenu annuel que procurent les autoroutes quand l'Etat en est propriétaire" explique l'ancien Premier ministre.

Pieds et poings liés

Dominique de Villepin, son successeur, avait lui engagé la privatisation, notamment pour le désendettement de l'État. Une opération qui avait rapporté 14,8 milliards d'euros. Un manque à gagner de 10 milliards selon la Cour des comptes à l'époque.

"Il est possible que la négociation sur les prix ait été mal faite. On n'a pas mis de profit plafond" souligne Marc Ivaldi, économiste des transports.

Il y a quelques années, un groupe de travail parlementaire a tenté de renégocier les contrats, en vain : "Ces grands groupes ont une action importante pour l'État français, qui est je crois pieds et poings liés avec ces sociétés autoroutières" regrette Jean-Paul Chanteguet, ancien député socialiste.

Les autoroutiers justifient eux les hausses de prix pour l'entretien des routes : "Les tarifs sont complètement contrôlés par l'État. L'application de ces hausses, chaque année, fait l'objet d'un contrôle très pointu" affirme Christophe Boutin, directeur de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes.

Des députés demandent aujourd'hui une renationalisation des autoroutes, alors que certaines concessions d'exploitations durent jusqu'en 2036.

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