Génocide arménien : Nicolas Sarkozy invite Ankara à faire prévaloir le dialogue

Charles Aznavour et Nicolas Sarkozy à Erevan, Arménie (7 octobre 2011)
Charles Aznavour et Nicolas Sarkozy à Erevan, Arménie (7 octobre 2011) (AFP/ERIC FEFERBERG)

Nicolas Sarkozy a appelé la Turquie à la raison et au dialogue, vendredi 20 janvier, à trois jours de l’examen par la Sénat par la proposition de loi sanctionnant la négation des génocides.

Nicolas Sarkozy a appelé la Turquie à la raison et au dialogue, vendredi 20 janvier, à trois jours de l'examen par la Sénat par la proposition de loi sanctionnant la négation des génocides.

A trois jours de l'examen par le Sénat de la proposition de loi sanctionnant la négation des génocides, Nicolas Sarkozy a invité la Turquie à faire prévaloir le dialogue et la raison à propos d'un texte qui, assure-t-il, ne vise "nullement un peuple ou un Etat en particulier".

"Je souhaite que nous sachions faire prévaloir la raison et maintenir notre dialogue, comme il sied entre deux pays amis et alliés", écrit le président français dans une lettre au premier ministre turc, Tayyip Erdogan, dont le texte a été diffusé par l'ambassade de France à Ankara.

Le but de cette proposition de loi "est de protéger la mémoire des membres de notre communauté nationale qui ont eu trop longtemps le sentiment que l'on niait la réalité de ce que leurs ancêtres avaient vécu et de les aider ainsi à refermer les plaies ouvertes il y aura bientôt 100 ans".

"Dans sa rédaction, ce texte ne vise nullement un peuple ou un Etat en particulier. Les auteurs du texte y ont veillé, car ils savent aussi les souffrances endurées par le peuple turc dans le contexte de la disparition de l'empire ottoman, puis de la Première Guerre mondiale", ajoute-t-il.

Réaction crispée d'Ankara

A Ankara, le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé vendredi les sénateurs français à rejeter ce texte dont le vote, le mois dernier à l'Assemblée nationale, avait provoqué la fureur de la Turquie.

Celle-ci avait rappelé son ambassadeur à Paris et annulé toutes les rencontres politiques, économiques et militaires prévues avec la France ainsi que l'autorisation accordée aux avions de chasse et aux bâtiments de l'armée française d'atterrir ou d'accoster en Turquie.

Le chef de la diplomatie turque a appelé de son côté lors d'une conférence de presse "chaque sénateur à prendre le temps nécessaire pour bien évaluer le sujet".