VIDEO. Présidentielle 2017 : enquête sur les millions d'une campagne pas si transparente

Pièces à conviction

Pour entrer à l'Elysée, l'argent est le nerf de la guerre… Trois jours après l’élection d’Emmanuel Macron, "Pièce à conviction" lève le voile sur les secrets du financement de la campagne présidentielle. Six mois d'enquête dans les coulisses et les QG des candidats. Extrait.

Trois jours après l'élection d'Emmanuel Macron à la tête de l’Etat, "Pièces à conviction" s’est penché sur les secrets du financement de la campagne présidentielle. Comment les candidats ont-ils financé leur campagne ? Certains ont bénéficié d'un trésor de guerre, d’autres sont parvenus à lever des millions… D'où vient l'argent ? Qui sont les donateurs ? Car pour entrer à l'Elysée, l'argent est le nerf de la guerre.

Emmanuel Macron : un miracle financier

Parti de rien, sans organe politique pour le soutenir, Emmanuel Macron a réussi à lever des millions. Au début la campagne présidentielle, il faisait pourtant figure d’outsider. Petit nouveau dans le paysage politique, son parti En marche ! ne bénéficiait d’aucune aide de l'Etat et a dû s’appuyer sur des fonds privés. "Pièces à conviction" l'a suivi à Londres, place financière incontournable regorgeant de potentiels donateurs, où le futur président s'est rendu à de multiples reprises pendant la campagne. Emmanuel Macron a-t-il à l’époque profité de sa fonction de ministre pour financer sa campagne ? C'est en tout cas la question que pose le député Les Républicains Georges Fenech : "Est-ce qu'il n'y a pas un conflit d'intérêts, voire même d'utilisation de moyens publics aux fins d'une campagne électorale ?"

"François Fillon nous a pris à la gorge"

Lors de son enquête, "Pièces à conviction" a découvert que François Fillon s'est accroché à un magot de 10 millions d'euros pour rester candidat, malgré le scandale initié par le "Penelope gate" : lui seul avait en effet la main sur le trésor de guerre amassé lors de la primaire de la droite et du centre. Alors que le bateau des Républicains prenait l'eau, des personnalités politiques de droite ont demandé son retrait. En vain. Certains n’ont pas digéré l’épisode, comme Georges Fenech, le seul à s'exprimer ouvertement : "Il nous a pris à la gorge, il nous a pris en otage", confie-t-il.

A gauche, un PS très riche, une France insoumise qui peut compter sur ses militants

Le Parti socialiste, parti le plus riche de France, n'a pas lésiné sur les dépenses. Chaque année, le PS perçoit 25 millions d’euros d'aides de l'Etat, 4 millions de ses donateurs et 1 million de ses adhérents. Mais Benoît Hamon s'est fait doubler par un autre candidat : Jean-Luc Mélenchon, qui avait deux fois moins d'argent, mais des militants généreux. Parti de zéro, sans financement public, il a fait une campagne spectaculaire, avec seulement 3 millions d’euros de dons et 5 millions d'emprunt personnel.

Marine Le Pen : un financement opaque

Avec seulement deux députés, le Front national ne dispose que de peu de financements publics. Marine Le Pen s'est appuyée sur la vente de produits dérivés et sur son micro-parti Jeanne. Selon l'enquête de "Pièces à conviction", les dirigeants de Jeanne auraient manœuvré frauduleusement pour financer la campagne. Comment fonctionne ce micro-parti ? "C'est un parfait système qui est uniquement destiné à faire entrer du cash dans les caisses du FN", explique Damien Guttierez, un ancien du FN aujourd’hui toujours conseiller départemental du Var. Jeanne aurait rapporté 1 million d'euros à Marine Le Pen. Insuffisant. La candidate s'est alors tournée vers son père, Jean-Marie Le Pen, qui possède également un micro-parti, Cotelec, un important créancier du FN. Dans le clan Le Pen, politique se conjugue avec business...

Extrait d'une enquête de "Pièces à conviction" diffusée le 10 mai 2017 à 23h30.

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