Trois ex-élus FN de Paca assignent le parti pour "chantage" aux indemnités

Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d\'Azur, le 16 octobre 2015.
Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, le 16 octobre 2015. (BORIS HORVAT / AFP)

En retour, le Front national va porter plainte pour diffamation. 

Le FN est confronté à ses anciens élus. Trois ex-conseillers frontistes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont assigné leur ancien parti en justice pour obtenir le remboursement de sommes qui leur auraient été illégalement ponctionnées pendant leur mandat, a-t-on appris vendredi 9 juin auprès du TGI de Nanterre. De son côté, Le FN contre-attaque et dénonce une "diffamation".

Cette assignation, évoquée dans L'Obs cette semaine, remonte au 30 mars 2016. Selon leur avocat, Bernard Jacquier. Lydia Schenardi, Laurent Comas et Sébastien Copin reprochent au parti de Marine Le Pen d'avoir prélevé sur leur compte plus de 30 000 euros, pour chacun, en cinq ans.

Un engagement pour pouvoir se présenter aux élections

Pour pouvoir se présenter aux élections, les candidats ont en effet dû signer "un engagement moral et politique", dont l'AFP a obtenu copie, par lequel ils s'engageaient notamment "de façon irrévocable" à "respecter les engagements financiers contractés à l'égard du mouvement". 

Pour ce faire, chaque candidat devait donner "au trésorier national une autorisation de prélèvement automatique sur un compte bancaire approvisionné à cette fin", sans qu'aucune somme ou quotité soit précisée dans le document. "Si bien qu'il [était] impossible pour le contractant de connaître l'étendue de son obligation", soulignent les plaignants dans leur assignation, dont l'AFP a également obtenu copie.

Un FN qui "rackette les élus"

Laurent Comas confirme à l'AFP avoir versé "530 euros par mois sur [ses] indemnités, soit 30%". L'ancien secrétaire départemental FN des Bouches-du-Rhône fustige un FN qui "rackette les élus" et confirme avoir dû signer cet engagement "sous peine de ne pas être investi", dénonçant "une forme de chantage". Il a estimé que le système était "toujours d'actualité". "La principale motivation du FN, c'est le pognon", a-t-il ajouté, accusant ce parti de "ne pas choisir [ses] élus en fonction de leurs compétences, mais de prendre ceux qui ont accepté le chantage".

"C'est une procédure qui a 14 mois, elle n'a aucun sens. Ils sont élus depuis des années. Ils expriment leur refus du dispositif au moment où ils ont un différend avec le FN", a dénoncé Nicolas Bay, secrétaire général du Front national. "On nous reproche ce que font tous les mouvements politiques : demander aux élus de verser au parti grâce auxquels ils sont élus une petite partie de leurs indemnités", a-t-il justifié. Ce dernier a annoncé une "plainte pour diffamation" en retour.