Quatre choses à savoir sur Steeve Briois, le nouveau président par intérim du FN

Steeve Briois pose devant une affiche de campagne de Marine Le Pen, le 30 janvier 2017, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
Steeve Briois pose devant une affiche de campagne de Marine Le Pen, le 30 janvier 2017, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Le maire de Hénin-Beaumont succède à Jean-François Jalkh, mis en cause pour des propos controversés sur la seconde guerre mondiale.

Le jeu de chaises musicales continue à la tête du Front national. Après le retrait de Jean-François Jalkh, mis en cause pour des propos présumés négationnistes, le vice-président du FN, Louis Aliot, a annoncé, vendredi 28 avril, que la présidence par intérim du parti serait finalement occupée par Steeve Briois. Franceinfo vous présente cet élu de 44 ans, qui sera chargé de gérer les affaires courantes du parti de Marine Le Pen jusqu'au second tour de la présidentielle – voire plus, en cas de victoire de la candidate frontiste.

>> Suivez l'actualité de l'entre-deux tours dans notre direct

Il a adhéré au FN dès son adolescence

Steve Briois raconte au Point avoir "adhéré au Front à l'âge de 15 ans", en 1988, quand Jean-Marie Le Pen était à la tête du parti. A l'époque, l'adolescent milite pour la peine de mort et adore le chef du FN. "C'était le seul parti véritablement anti-système, le seul parti qui dit la vérité sur l'Europe, sur l'immigration, sur la sécurité, explique-t-il. J'en avais ras le bol d'entendre les mêmes inepties, les robinets d'eau tiède."

Fort de ses mandats de conseiller municipal à Hénin-Beaumont et de conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais occupés dès les années 1990, ce cadre commercial est devenu secrétaire départemental du FN dans le Pas-de-Calais en 2006. En 2011, après avoir soutenu Marine Le Pen dans sa candidature à la présidence du parti, il a été nommé secrétaire général du mouvement. Il est aujourd'hui une des figures du parti à l'échelle nationale, en tant que membre du bureau exécutif, du bureau politique et du comité central.

Il a été élu maire à la cinquième tentative

Ce fils d'un ouvrier et d'une comptable, petit-fils de mineur, a créé la sensation, en 2014, en se faisant élire maire dans sa commune de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dès le premier tour. Une victoire "spectaculaire" et "inespérée", selon Marine Le Pen, qui a fait de cette commune de 26 000 habitants son fief (elle y a notamment voté au premier tour de la présidentielle). Conseiller municipal à Hénin-Beaumont depuis 1995, le frontiste a été élu après quatre tentatives infructueuses face à la gauche, qui était aux commandes de la cité minière depuis des décennies.

Depuis son élection, cet homme de terrain a causé plusieurs polémiques. Il a notamment annoncé la fin de la subvention dont bénéficiait la Ligue des droits de l'homme, privé le Secours populaire de marché de Noël, pris un arrêté controversé antimendicité ou encore voté une motion antimigrants. En 2015, il a été visé par des menaces de mort par un homme qui a tenté d'incendier la mairie. Fin 2016, la ville a été condamnée pour avoir installé une crèche de Noël dans ses locaux.

Il est "fier" de son doigt d'honneur aux médias

Début 2015, Steve Briois a reçu le prix d'élu local de l'année, décérné par le Trombinoscope et son jury de sept journalistes. Un honneur rare pour le Front national et pour le maire de Hénin-Beaumont, plus habitué aux tensions avec les journalistes. En mars 2017, La Voix du Nord s'est plainte d'un "harcèlement juridique" de la municipalité, qui réclame des droits de réponse "pour chaque point-virgule qui ne lui convient pas".

Quelques jours plus tard, l'eurodéputé s'est fait remarquer en adressant un doigt d'honneur à des journalistes de l'émission de France 2 "Envoyé spécial", qui enquêtaient sur l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen. Un geste dont il s'est dit "fier".

Il a souvent eu affaire à la justice

Le responsable frontiste est poursuivi pour "provocation à la haine raciale" et "diffamation raciale" après avoir publié, en novembre 2016, un message faisant un lien entre l'arrivée des migrants en Europe et une prétendue hausse du nombre d'agressions sexuelles. Il devrait être jugé en octobre.

Selon Le Parisien, Steve Briois est également visé par une information judiciaire pour "provocation à la commission d'une atteinte à la vie ou à l'intégrité physique", après avoir tenu des propos visant le maire de Sevran (Seine-Saint-Denis).

Pêle-mêle, il a également été entendu en tant que témoin assisté dans l'enquête sur le financement des campagnes du FN en 2012. Il a été débouté après une plainte concernant un livre révélant son homosexualité. Il a perdu un procès en diffamation intenté contre un élu communiste mais en a gagné un autre contre un responsable communiste local l'accusant d'avoir appartenu à l'Œuvre française.

Vous êtes à nouveau en ligne