Politique : pourquoi les discours en matière d'immigration se durcissent-Ils ?

Depuis une trentaine d'années, chaque montée de l'extrême droite a entraîné un durcissement du discours de l'ensemble de la classe politique.

"Certaines régions sont en train de se déconstruire, car elles sont submergées par des flux de demandeurs d'asile." À entendre Gérard Collomb, historiquement de gauche, tout porte à croire que le discours des politiques s'est durci sur l'immigration. Si c'est bien le cas, cela l'a été à chaque fois que l'extrême droite a progressé dans l'opinion. En 1986, grande première, le Front national entre en force à l'Assemblée avec 35 députés. À peine 4 mois plus tard, le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua rétablit les reconduites à la frontière. À partir de là, la parole politique est décomplexée, de François Mitterand à Jacques Chirac qui dénonce "le bruit et l'odeur".

"Le FN gagnera la prochaine fois"

En 2002, autre grande première, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle. La droite durcit le ton : Nicolas Sarkozy parle de quotas d'immigration. Le score récent de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017 a également provoqué un discours plus musclé à gauche, à droite et partout ailleurs. Gerard Collomb a été clair à ce sujet : "Si l'on ne fait pas ça, ce sera le FN qui gagnera la prochaine fois." 

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