"Philippot, on n'en entendra plus parler dans un mois" : Jean-Marie Le Pen réagit à la démission du vice-président du FN

L\'ancien candidat à la présidentielle de 2002 pour le Front national, Jean-Marie Le Pen, donne une conférence de presse pour soutenir un candidat de l\'Union des patriotes aux législatives, le 31 mai 2017, à Marignane (Bouches-du-Rhône).
L'ancien candidat à la présidentielle de 2002 pour le Front national, Jean-Marie Le Pen, donne une conférence de presse pour soutenir un candidat de l'Union des patriotes aux législatives, le 31 mai 2017, à Marignane (Bouches-du-Rhône). (FRANCK PENNANT / AFP)

L'ancien candidat à la présidentielle salue et minimise la décision de Florian Philippot de quitter le parti frontiste.

Il ne le regrettera pas. Jean-Marie Le Pen, ancien président et fondateur du Front national, a réagi sans détour à la démission de Florian Philippot de la vice-présidence du FN, jeudi 21 septembre. Il minimise le poids politique du député européen et de ses soutiens au sein du parti frontiste, et ne lui voit aucun avenir politique.

Franceinfo : Comment réagissez-vous à la démission de Florian Philippot du Front national ?

Jean-Marie Le Pen : Florian Philippot est un jeune haut fonctionnaire du ministère de l’Interieur, son adhésion avait été considérée comme flatteuse par le FN. C’est un gaulliste de gauche extrêmement minoritaire dans notre pays. Il avait constitué un petit groupe d’amis autour de sa personne, qu'il avait ensuite placé à des postes à responsabilités au sein du Front national. Cela avait créé un trouble certain à l’intérieur du FN. Marine Le Pen en a tenu compte. Florian Philippot a démissionné, ce qui me paraît correct et loyal de sa part. Il a fait son choix dans des conditions normales.

Je pense que quand des éléments sont perturbants, leur départ peut contribuer à rétablir une certaine stabilité. Le nombre de gens qui vont quitter le parti sera limité. Je ne pense pas que le Front national se partageait en deux groupes. Il tenait son influence des fonctions que lui avait données Marine Le Pen. Florian Philippot, on n'en reparlera plus dans un mois. Il va regagner son ministère et être un député non-inscrit, comme moi, au Parlement européen.

Comment doit évoluer le parti ?

Je demande à ce qu'à l'avenir, il y ait un plus grand recours à des procédures démocratiques. Il faut faire parler les militants. Il y a un Congrès l'année prochaine. Il doit être préparé sérieusement à l'aide d'un comité central, pendant plusieurs jours, afin d'aller dans ce sens.

Comment le parti peut-il obtenir le ralliement d'autres organisations avec le départ d'un partisan d'un rapprochement avec le reste de la droite ?

Les alliances politiques répondent à des impératifs beaucoup plus importants que des choix de personnes. Il est souhaitable que les nationaux s'unissent, mais chaque cimetière est rempli de gens irremplaçables. Marine Le Pen fait le choix de l'opinion, plus à droite. Quant à la dédiabolisation, je suis d'accord avec Gilbert Collard, c'est "un piège à cons". Vouloir se priver de l'hostilité de ses adversaires, c'est vouloir se priver de ce qui nous fait grandir. La vie politique est une bataille d'idées, mais c'est une bataille avant tout. On ne peut pas se passer de chocs.

Vous vous êtes souvent montré critique envers votre fille, Marine Le Pen. Allez-vous changer d'attitude envers elle ?

Aux dernières élections, j'ai quand même soutenu l'action et la candidature de Marine Le Pen et des autres candidats du Front national. On a eu des divergences, mais c'est elle qui m'a rejeté. J'ai les bras grands ouverts, il ne tient qu'à elle de s'y jeter.

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