Le Parlement européen réclame 300 000 euros à Marine Le Pen : le trésorier du FN dénonce "des méthodes dictatoriales"

Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, à Paris le 21 janvier 2016.
Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, à Paris le 21 janvier 2016. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le parlement européen a sommé Marine Le Pen de rendre 300 000 euros utilisés pour rémunérer des collaborateurs avant mardi 31 janvier au soir.  Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, a déclaré mardi sur franceinfo qu'il s'agissait d'une atteinte à l'immunité de député.

Marine Le Pen a jusqu'au mardi 31 janvier au soir pour rembourser près de 300 000 euros au Parlement européen. Il lui est reproché d'avoir rémunéré des collaborateurs qui auraient en réalité travaillé pour le Front national (FN). L'institution strasbourgeoise a envoyé plusieurs lettres de recouvrement à la présidente du FN. La première d'entre elles prend effet à minuit. "Marine Le Pen s'est déjà prononcée sur ce sujet et elle a répondu par la négative", a expliqué mardi sur franceinfo le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, qui dénonce "des méthodes dictatoriales".

franceinfo : Le Parlement européen exige un premier remboursement d'ici mardi soir minuit, faute de quoi, Marine Le Pen pourrait se voir retirer 50% de son salaire de parlementaire. Allez-vous respecter cet ultimatum ?

Wallerand de Saint-Just : Marine Le Pen s'est déjà prononcée sur ce sujet et elle a répondu par la négative. Ce qui paraît tout à fait normal. Il est quand même assez intolérable que la liberté d'indépendance et l'immunité des parlementaires soit ainsi atteinte à travers leurs assistants. C'est la thèse que je défends. Je trouve d'ailleurs que François Fillon devrait la défendre aussi, mais il se cache derrière son petit doigt !

Que voulez-vous dire ?

Que la justice vienne vérifier la réalité du travail d'un assistant parlementaire, c'est une atteinte à la séparation des pouvoirs et c'est une atteinte à l'immunité du député. Dans l'affaire de Marine Le Pen, c'est encore pire puisqu'ils vont saisir ses indemnités, c’est-à-dire qu'ils vont l'empêcher totalement d'effectuer son travail de parlementaire. Ce sont des méthodes dictatoriales totalement inacceptables.

Est-ce que c'est pour cela que Marine Le Pen s'est bien gardée d'évoquer l'affaire Penelope Fillon ces derniers jours ?

Elle a d'autres sujets à aborder que cette affaire Fillon ! D'ailleurs, François Fillon, c'est comme Marine Le Pen : il est condamné, notamment par le monde médiatique, avant même d'avoir pu dire quoi que ce soit, alors qu'il est député et qu'il a droit à une protection et à une immunité spéciale. C'est une facette de la démocratie.

"Une atteinte à l'immunité du député", Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national.
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