Élections législatives : "Il existe un combat entre Les Républicains et le Front national qui s'ouvre"

Marine Le Pen, le 4 mai 2017, à Ennemain (Somme).
Marine Le Pen, le 4 mai 2017, à Ennemain (Somme). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le politologue Jean-Yves Camus a expliqué, lundi sur franceinfo, que le FN s'impose "comme une force politique" en France, au lendemain de la défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.

Jean-Yves Camus, politologue et directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès, a analysé, lundi 8 mai sur franceinfo, le résultat du Front national lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche.  Pour le spécialiste des extrémismes en Europe, le FN a récolté "le double" de voix "par rapport à 2002" et s'impose donc "comme une force politique" qui doit "rester sur ses fondamentaux" alors qu'"un combat" s'ouvre entre Les Républicains et le Front national au lendemain de l'échec de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.

franceinfo : Peut-on parler de "record historique" pour le Front national ?

Jean-Yves Camus : 33,9% est, symboliquement, un score qui n'est pas bon par rapport aux espérances du FN. Pour autant, un capital de plus de 10 millions de voix n'est pas négligeable. Cela représente le double par rapport à 2002. Le FN a réussi à s'imposer comme une force politique durablement implantée. Il va y avoir les législatives. On verra qui reprend le dessus, mais il existe un combat entre Les Républicains et le Front national qui s'ouvre.

Le FN va changer de nom. Est-ce que cela participe à la dédiabolisation de ce parti ?

C'est une étiquette que l'on colle sur un produit. Le contenu est plus important que le nom inscrit sur l'étiquette. Le FN a pour contrainte de rester sur ses fondamentaux qui sont la situation économique, l'euro, la place de l'Islam, la sécurité, l'immigration. L'ADN du FN marche bien électoralement, s'en écarter serait prendre le risque de perdre.

Le FN peut-il se transformer, peut-il élargir sa base électorale ?

À l'avenir, le FN réussira-t-il à s'insérer dans un système de coalition ou d'alliance ? C'est la question qu'il faut se poser. En même temps, cette implosion de la droite est promise depuis 2012 et l'échec de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, c'est acté avec le fait que François Fillon n'accède même pas au second tour de l'élection présidentielle.

"33,9% est, symboliquement, un score qui n'est pas bon par rapport aux espérances du FN", Jean-Yves Camus
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