Cantine, soutien scolaire, absences : la croisade du maire frontiste de Beaucaire contre les "profiteurs"

Julien Sanchez, le maire FN de Beaucaire (Gard), le 30 mars 2014.
Julien Sanchez, le maire FN de Beaucaire (Gard), le 30 mars 2014. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Julien Sanchez, maire frontiste de cette ville du Gard, veut supprimer la prime de fin d'année pour les employés municipaux qui cumulent plus de vingt jours d'absence. 

Il veut faire la chasse aux "absentéistes". Julien Sanchez, le maire frontiste de Beaucaire (Gard) a de nouveau fait parler de lui, mardi 3 février, en menaçant les employés municipaux de supprimer leurs primes de fin d'année s'ils cumulent trop de jours d'absence. Mais ce n'est pas la première décision choc du maire de Beaucaire, ville emblématique prise par le Front national lors des élections municipales de mars 2014. Francetv info recense trois mesures qui font polémique dans cette cité de 15 000 habitants. 

Couper les subventions d'un centre socioculturel

La Maison du vivre ensemble, un établissement socioculturel de Beaucaire, assurait le soutien scolaire d'une centaine d'enfants de la commune. Mais en mai 2014, le maire frontiste a décidé de couper les subventions municipales allouées à l'établissement. "La CAF et le conseil général du Gard prévoyaient 131 000 euros de subventions par an, la condition étant que la mairie participe également, ce qu'elle devait faire à hauteur de 53 000 euros annuels", a expliqué Georges Duplissy, un enseignant à la retraite à l'initiative du centre. Dans la commune, de nombreuses voix se sont levées contre cette décision. 

"Les aides sont déjà assurées par le temps périscolaire dans les écoles, a assuré Julien Sanchez, contacté par le Scan du Figaro. Si ces personnes ont besoin de soutien parce qu'elles ne parlent pas le français, ce n'est pas mon problème, ce n'est pas à nous de payer." 

L'édile accuse l'établissement d'être "une officine de l'extrême gauche" et évoque la tenue d'une rencontre entre l'association, des communistes et des députés PS, sans qu'il ait été invité. "Je ne suis pas maso. Ils font de la politique en direction des enfants dans un local de 150 m2 payé par la mairie", s'insurge-t-il.

Signaler aux services sociaux les parents qui ne payent pas la cantine

Autre service dans le viseur du maire : la cantine. Après avoir annoncé qu'il mettait fin à la facturation a posteriori des cantines scolaires, Julien Sanchez a menacé, lundi 2 février, sur Twitter, d'alerter les services sociaux et la justice si les parents laissent leurs enfants à la cantine sans payer. 

Estimant à 66 400 euros en quatre ans le montant des factures non payées, Julien Sanchez veut signaler à la CAF, au procureur de la République et à la protection de l'enfance, les parents "malhonnêtes". "Certains laissent leurs enfants à la cantine sans prévenir et sans payer, ce qui génère des problèmes d'organisation, de surveillance, et que j'assimile à de l'abandon d'enfants", se justifie-t-il. Les parents d'élèves de Beaucaire qui ne régulariseront pas leur situation sous 72 heures s'exposeront donc à des poursuites à partir du 24 février, indique Le Figaro. La décision a été saluée par la députée frontiste du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen. 

Sanctionner les employés municipaux trop souvent absents 

C'est la dernière mesure du maire de Beaucaire dans sa croisade contre les "profiteurs". Julien Sanchez veut instaurer le passage de la prime de travail annuel de 762 euros à 1 euro pour les employés municipaux qui auront dépassé vingt jours d'absence au cours de l'année écoulée. Cette prime sera aussi "fortement dégressive dès le 6e jour d'absence de l'année", annonce le maire frontiste dans un communiqué sur Twitter. Pour entrer en vigueur, la mesure devra être adoptée mardi 3 février au soir, lors d'un conseil municipal.

Sur Facebook, des voix se lèvent contre l'action du maire. "Les agents municipaux eux aussi sur la sellette ! La mairie les piste et les surveille, les voilà punis comme des enfants récalcitrants, écrit sur le réseau sociaux le Rassemblement citoyen, une association créé en réaction à l'arrivée du FN dans la cité gardoise. Infantiliser le personnel municipal, c'est le décrédibiliser et minimiser le poids du travail quotidiennement accompli !" 

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