Pour Urvoas, "rien ne justifierait" une pause des enquêtes sur des candidats durant la campagne

Jean-Jacques Urvoas, lors d\'une conférence de presse au ministère de la Justice, à Paris, le 23 février 2017. 
Jean-Jacques Urvoas, lors d'une conférence de presse au ministère de la Justice, à Paris, le 23 février 2017.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Dans un entretien au "JDD", le ministre de la Justice indique qu'il "n'existe aucun texte prévoyant" une "trêve" électorale dans les enquêtes visant des candidats à la présidentielle durant la campagne électorale. 

"Rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats à la présidentielle durant la campagne électorale, estime le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, dans un entretien au Journal du dimanche, dimanche 26 février, sans exclure une mise en examen de François Fillon.

"Si, dans le passé, pour l'audiencement d'une affaire, c'est-à-dire la fixation de la date du procès, il y a pu avoir des pauses électorales, cela n'a jamais concerné la conduite des enquêtes", souligne-t-il au sujet de l'éventualité d'une "pause" ou d'une "trêve" électorale. "Il n'existe d'ailleurs aucun texte prévoyant une telle suspension. Quelle en serait d'ailleurs la raison ? Au nom de quelle exception ? À mes yeux, rien ne le justifierait."

La candidate du Front national à l'Elysée, Marine Le Pen, a refusé cette semaine de se rendre à une convocation de la police dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants frontistes au Parlement européen, estimant que la période électorale ne permet "ni la neutralité ni la sérénité nécessaires au fonctionnement correct de la justice".

"À quel moment la justice pourrait-elle alors fonctionner normalement ?"

"[Marine Le Pen] tourne le dos au droit. Il n'y a pas une justice pour les anonymes et une justice pour les gens célèbres !" proteste le garde des Sceaux, faisant mine de s'interroger : "Imaginons que pendant la campagne présidentielle, on ne puisse pas enquêter. Mais après la présidentielle, il y a les législatives. Et après, en septembre, les sénatoriales ! À quel moment la justice pourrait-elle alors fonctionner normalement ?"

Rien n'empêche donc les juges d'instruction chargés d'enquêter sur les soupçons d'emplois fictifs au sein de la famille de François Fillon de mettre en examen le candidat de la droite ? lui demande le journal. "Ou de ne pas le mettre en examen", répond Jean-Jacques Urvoas. "Le travail d'un juge d'instruction est de procéder à toutes les investigations nécessaires. S'il doit le faire, qu'il le fasse."

Le ministre réfute à nouveau les accusations d'intervention ou de complot politique visant François Fillon ou Marine Le Pen, adversaires de la gauche au pouvoir. "Imaginer aujourd'hui que des instructions aient pu être ordonnées sur François Fillon ou Marine Le Pen est tout simplement absurde parce qu'illégal", assure-t-il, accusant en retour la droite de n'avoir pas permis de renforcer l'indépendance du parquet.

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