VIDEO. Mandat présidentiel : "Expérience faite, cinq ans c'est trop court et sept ans c'est trop long", assure François Hollande

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L'ancien chef de l'État propose une réforme complète des institutions, avec un mandat présidentiel de six ans, la suppression du poste de Premier ministre et des pouvoirs accrus pour le Parlement.

Dans son livre Répondre à la crise démocratique, qui sort mercredi, François Hollande plaide pour la mise en place d'un "véritable régime présidentiel, avec suppression du Premier ministre et pouvoirs accrus pour le Parlement" et pour l'allongement de la durée du mandat présidentiel. "Expérience faite et la mienne en particulier, j'estime que cinq ans c'est trop court et sept ans c'est trop long. Donc, j'ai considéré que six ans est la bonne durée", a-t-il déclaré mercredi 23 octobre sur franceinfo.

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"Sur la durée du mandat, j'avais été favorable au quinquennat, explique François Hollande. Sept c'est trop long et il y a une répétition de cohabitations. Avec Lionel Jospin, et Jacques Chirac avait pris cette initiative, nous estimions que cinq ans c'était préférable à sept ans."

Un mandat de maire ou d'un président de région c'est six ans. Pourquoi pour un président ce serait seulement cinq ans ?

François Hollande

à franceinfo

"On sait bien que pendant ces cinq ans il y a une année qui sert d'expérience, selon l'ancien chef de l'État. On voit aussi que la dernière année est très marquée par l'élection présidentielle. Donc, six ans me paraît la bonne période."

François Hollande s'est défendu de faire "la promotion de six ans pour dire : voyez, si j'avais eu six ans, je serais encore président." Il a tout de même expliqué que "les résultats de [ses] gouvernements sont apparus dans les deux dernières années et surtout dans l'année 2017, où la croissance a été très forte et le chômage a diminué sensiblement".

Donner plus de pouvoir au Parlement

Avec ce régime présidentiel, François Hollande assure qu'il "ne peut plus y avoir de cohabitation, puisqu'il n'y a plus de Premier ministre. Le gouvernement, c'est le président qui le choisit. Donc, cela supposerait, dans ce cas de figure, que le président qui est doté de pouvoirs importants puisse négocier sur le budget, les grandes lois, avec le Parlement. On ne peut pas vouloir réhabiliter le Parlement, le renforcer, sans considérer qu'il doit avoir du pouvoir."

Pour appuyer ses propos, François Hollande fait une comparaison avec les États-Unis. "On parle de régime présidentiel. C'est un régime où le Congrès a des pouvoirs très importants. Il peut bloquer une négociation commerciale voulue par le président des États-Unis, émettre des réserves sur la question syrienne".

Une forme de pouvoir "partout contestée"

François Hollande se dit "frappé" par un "malaise dans les démocraties, pas simplement ici en France. On le voit au Royaume-Uni avec un Parlement qui est en contradiction avec un Premier ministre qui n'arrive pas à trouver une voie ; en Italie avec la recherche d'une coalition impossible ; aux États-Unis avec un président qui peut-être sera soumis à un impeachment. Il y a une certaine forme de pouvoir qui est partout contestée et des populistes qui s'en emparent".

L'ancien président de la République estime que l'on parle toujours des institutions "au moment des crises" et que l'on passe "à côté de changements qui devraient être faits". Changer les institutions ne "règle pas les problèmes sociaux et les problèmes de vie en commun et aussi de délaissement, voire du déclassement de certains territoires, reconnaît-il. Même si je crois que la décentralisation doit être poussée jusqu'à son terme, parce qu'une partie de la crise des 'gilets jaunes', c'est le fait qu'il n'y ait plus de représentation efficace sur le territoire, de politiques qui puisse être menées au plus près des citoyens".

J'ai fait une réforme de la décentralisation, elle aurait pu être plus poussée, elle devrait l'être aujourd'hui, parce qu'il faut qu'il y ait du pouvoir à l'échelle des territoires et de la solidarité entre les territoires.

François Hollande

à franceinfo

La crise des "gilets jaunes" a révélé la difficulté de comprendre le système politique, selon François Hollande. "Un certain nombre de manifestants ne croient plus à la démocratie. Il faut répondre à cette question essentielle de la représentation", insiste l'ancien président de la République.

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