Quinquennat Hollande : de l'espoir d'un dialogue social renoué au mur de la loi Travail

La conférence su le travail et les questions économiques au Conseil économique, social et environnemental, en octobre 2015. Face à François Hollande et à la ministre du Travail, Myriam El-Khomri, Laurent Berger (CFDT, à gauche), et Pierre Gattaz (Medef, à droite).
La conférence su le travail et les questions économiques au Conseil économique, social et environnemental, en octobre 2015. Face à François Hollande et à la ministre du Travail, Myriam El-Khomri, Laurent Berger (CFDT, à gauche), et Pierre Gattaz (Medef, à droite). (CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL)

Au moment de dresser un bilan du quinquennat de François Hollande, le dialogue avec les syndicats et le patronat apparaît comme l'un des échecs du président sortant.

François Hollande n’est pas candidat à sa succession, l’heure des premiers bilans de son quinquennat a sonné. Et côté dialogue social, il semble particulièrement négatif. Selon les syndicats et le patronat, le dialogue est même en miette.

Les ravages de la loi Travail

Le quinquennat avait pourtant bien commencé sur le plan du dialogue social. Les syndicats avaient logiquement placé beaucoup d’espoirs dans la victoire de la gauche à l’élection présidentielle. Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, principal syndicat de fonctionnaires, avoue avoir cru à un recommencement : "Le début du quinquennat, après les années Sarkozy, a permis de renouer le dialogue, de remettre les organisations syndicales dans le jeu sur un certain nombre de dossiers. D’ailleurs, les deux premières conférences sociales étaient un succès, même si on n’était pas d’accord sur tout. Quelque chose se passait", se souvient la syndicaliste.

C’est dans le milieu du quinquennat qu’il y a eu un virage, une surdité du gouvernement.Bernadette Groison, FSU

"Le gouvernement a refusé de voir monter les conflits, de traiter les désaccords. Nous n’avons pas compris comment le gouvernement pouvait ne pas entendre que le dialogue social, c'est aussi être en capacité de discuter de ce qui fâche", se désole Bernadette Groison.

Passée la belle image des conférences sociales, l’échec des négociations sur la loi travail a en effet explosé au nez de François Hollande. Les syndicats contestataires estiment s’être heurtés à un mur. En tout cas, le numéro 2 de la CGT, Fabrice Angéi ne retient que ça : "Avec la loi Travail promulguée à coup de 49.3, sans discussion véritable avec les organisations syndicales et les parlementaires, on a atteint un summum."

Le patronat pas plus satisfait que les syndicats

Treize journées de mobilisation contre la loi Travail n’y auront rien changé. Aujourd’hui, la loi est promulguée et fait des déçus jusque dans les rangs du patronat. À quelques mois de la fin du quinquennat Hollande, le Medef estime que beaucoup d’occasions ont été ratées. "Peu de grandes négociations ont vraiment abouti, explique Claude Tendil, président de la commission protection sociale du Medef. La négociation sur la réforme du dialogue social n’a pas été concluante, la loi Rebsamen a déformé les intentions des partenaires sociaux, la dernière négociation sur l’assurance chômage a capoté…"

Sur les grands sujets comme la loi Travail, après beaucoup d’espoirs au début, on a eu beaucoup de déception.Claude Tendil, Medef

"À l’arrivée on a vu ce texte détricoté, se souvient Claude Tendil. Et les entreprises ont été très frustrées de voir qu’on a raté une belle occasion de réformer en profondeur le marché du travail, qui en aurait bien besoin si on veut un jour inverser vraiment, et durablement, la courbe du chômage."