L'avenir de la centrale de Fessenheim pourrait se jouer ce jeudi

La centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin.
La centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Peut-être l'épilogue du feuilleton autour de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ce jeudi. La question devrait être à l'ordre du jour du conseil d'administration d'EDF. 

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) va-t-elle finalement fermer ? Le feuilleton dure depuis 2011 mais un nouvel épisode se profile, peut-être même l'épilogue. Le conseil d'administration d'EDF se réunit, jeudi 6 avril 2017, au siège de l'entreprise à Paris avec, en principe, à l'ordre du jour, la fermeture de la centrale alsacienne.

Ce vote est indispensable pour que le gouvernement puisse signer un décret qui ordonne l'arrêt de la centrale, ce que François Hollande avait inscrit dans son programme de campagne en 2012. 

Un vote incertain

Mais de nombreuses incertitudes planent sur ce conseil d'administration. En tout, on comptera 18 administrateurs autour de la table. La seule certitude, c'est que les six représentants des salariés voteront tous contre la fermeture. Les six administrateurs de l'État, eux, s'abstiendront.

Donc, tout repose sur les six administrateurs indépendants. Pour le moment, le mystère est entier sur leur vote. La voix du président Jean-Bernard Lévy compte double mais, si un seul indépendant s'oppose à cette mise à mort, le conseil d'administration ne pourra valider la demande de l'État.

Autre scénario, le report du vote après la présidentielle

Les administrateurs peuvent aussi reporter le vote après l'élection présidentielle ou tenter de trouver un compromis, comme une fermeture reportée à plus tard et sous conditions, peut-être fin 2018 si l'EPR de Flamanville fonctionne

Fin janvier, ces mêmes administrateurs indépendants avaient validé le processus d'indemnisation de l'entreprise en cas de fermeture de la centrale mais cela ne signifie pas qu'ils vont signer son arrêt de mort ce jeudi car l'enjeu est bien supérieur : ils sont pénalement tenus de respecter, avant tout, l'intérêt social de l'entreprise, ils doivent donc étudier les conséquences d'une telle décision avec près de 2 000 emplois à la clé. 

C'est une instrumentalisation politique.Marie-Claire Cailletaud, CGT Mines-Energieà franceinfo

"Il y a une pression très forte sur le conseil d'administration d'EDF, déplore Marie-Claire Cailletaud, la porte-parole de la Fédération Mines-Énergie à la CGT. C'est, selon elle, "pour faire en sorte que le président Hollande puisse assurer qu'au moins un de ses engagements de campagne sera pris". Marie-Claire Cailletaud rappelle que l'Autorité de sûreté nucléaire a indiqué que la centrale "pouvait continuer à fonctionner encore pendant les dix ans à venir". Le syndicat organise un rassemblement, ce jeudi, devant le siège de l'entreprise. 

De leur côté, les anti-nucléaires s'inquiètent. "Il appartient à ce gouvernement, pour les quelques jours qui lui reste, martèle André Hatz, le porte-parole de l'association Stop Fessenheim, de montrer que c'est lui qui a le pouvoir de décider de la politique énergétique française et non EDF."

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