Impréparation, indécision... D'anciens ministres de Hollande balancent

François Hollande, le 17 mai 21016 en déplacement à Grand-Quevilly (Seine-Maritime).
François Hollande, le 17 mai 21016 en déplacement à Grand-Quevilly (Seine-Maritime). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Une dizaine d'ex-membres du gouvernement dressent un tableau très critique du bilan du chef de l'Etat.

Un manque de travail avant 2012, une difficulté à donner le sens de son action, une ligne indécise, ou même contraire aux promesses de campagnes. Une dizaine d'anciens ministres socialistes dressent  un tableau très critique du bilan de François Hollande, dans Le Monde vendredi 20 mai. Francetv info liste les griefs de ces ex-membres du gouvernement alors qu'approche la fin de mandat.

Pas de discours de "vérité" pour "expliciter" sa politique

L'ancienne ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, reproche à l'exécutif de ne pas avoir su "expliciter" la politique menée, en dépit de sa "cohérence". Pour Nicole Bricq, d'abord à l'Ecologie, puis au Commerce extérieur, le "récit du quinquennat (...) n'a été fait ni par François Hollande, qui n'est pas un théoricien, ni par [l'ancien Premier ministre] Jean-Marc Ayrault, qui n'est pas un communicant". 

L'ex-ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, regrette de même que le gouvernement n'ait pas su tenir un discours de "vérité" sur la situation du pays, après la publication du rapport "extrêmement sombre" de la Cour des comptes en juillet 2012. "Il suffisait de dire la vérité de façon quelque peu solennelle, à savoir que, vu l'état des comptes publics, on ne pouvait rien faire sans augmenter les impôts." 

Un "refus" de parler de certains sujets-clés

Marylise Lebranchu, proche de Martine Aubry, regrette également le "refus" de l'exécutif de parler de certains sujets.

"Beaucoup, comme moi, ont pendant des mois poussé le président de la République à parler de l'Europe et du monde, afin d'expliquer nos choix, notamment en matière de politique économique, dans le contexte de la mondialisation. Il nous répondait: 'ça n'intéresse personne'", témoigne-t-elle.

Michèle Delaunay, ancienne détentrice du portefeuille des Personnes âgées, regrette qu'il n'y ait "pas eu ces derniers mois un grand discours sur les réfugiés". "Nous sommes de gauche, et nous n'avons pas été capables de rappeler ce qui a fait la tradition d'accueil séculaire de la France".

Une absence de cohérence dans la ligne politique

Nicole Bricq pointe l'incohérence de la ligne gouvernementale. "A Bercy, tout le monde a vu qu'il y avait deux lignes politiques: Montebourg était le ministre de la démondialisation, et Moscovici et moi, nous étions les ministres de la mondialisation." 

Une "politique des deux fers au feu" que regrette également l'ancien ministre de la Ville, François Lamy. "Face à une personnalité forte comme Montebourg, qui se sentait protégé par son score à la primaire, Ayrault a très vite souffert d'un manque de poids politique, et ça s'est ressenti dans les arbitrages. Il faut ajouter à cela la personnalité du président de la République, dont il est souvent difficile de savoir ce qu'il pense réellement, et qui sème le doute sur ses intentions, ce qui complique les choses", analyse-t-il.

"Le président qui n'aimait pas les riches, en fait, n'aime que les riches", torpille l'ex-ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, depuis l'aile gauche du PS.