François Hollande peine à convaincre, à droite comme à gauche

(François Hollande n'a pas convaincu lors de son grand oral télévisé sur France 2© SIPA/Stéphane de Sakutin)

François Hollande a-t-il convaincu lors de son grand oral télévisé sur France 2 jeudi soir ? À un an de la fin de son mandat, le président a tenté de convaincre les Français, en défendant son bilan. Pour les politiques interrogés sur France Info, l'exercice du chef de l'Etat a été mitigé.

A gauche :Laurent Baumel , député frondeur PS d'Indre-et-Loire, reste sur sa faim : "François Hollande était quelqu'un de brillant. Donc s'il peine comme il a peiné ce soir, c'est que le bilan est difficile à valoriser parce que les résultats ne sont pas là (...) S’il n’y a pas de changements majeurs, je pense que ce ne sera pas évident pour lui de justifier une nouvelle candidature" .

Julien Dray , conseiller régional PS et proche de François Hollande a vu "un chef d'Etat combatif" . "Il n’a pas joué en touche, il a affronté y compris la colère d'un certain nombre de concitoyens." Il préfère voir le verre à moitié plein : "Je ne pense pas que tout était parfait dans l’émission mais elle a servi à nouer un dialogue et ce dialogue doit continuer."

A droite :Roger Karoutchi , sénateur Les Républicains des Hauts-de-Seine épingle un chef de l'Etat "déconnecté". "On a vu un président content de lui  –  ça va mieux, la croissance est là... A croire qu’il vit dans un monde idéal ! S’il était si sûr de son bilan, il serait candidat tout de suite."  François Hollande a annoncé qu'il se prononcerait sur une éventuelle candidature à la fin de l'année 2016. "Je ne conteste pas que ce type d’émission est compliqué. Mais c’est d’autant plus compliqué quand il n’y a pas de bilan",  insiste Karoutchi.

"Une fin de règne dont on a hâte maintenant qu'il s'achève"
— Florian Philippot (FN)

Florian Philippot , vice-président du Front National a raillé le manque d'écoute du chef de l'Etat. "Je retiens beaucoup d'autosatisfaction et un manque de propositions concrètes dans ses conversations avec les Français" . Sur l'exercice en lui-même : " Je ne vois pas pourquoi il a fait cet exercice parce qu’il n’a rien à dire. Il n’annonce pas l’interdiction du voile à l’université, rien sur l’Europe... Bref, une fin de règne dont on a hâte maintenant qu'il s'achève" .

Chez les syndicats : François Asselin , président de la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises) n'a pas été convaincu par François Hollande. Les patrons sont toujours "en colère" selon lui, et ne comprennent pas les explications sur la surtaxation des CDD qui dépend normalement de la négociation entre les partenaires sociaux. "Lorsqu'on annonce que ceci va devenir obligatoire, on tue la négociation".  Et de conclure : "La taxation des CDD n’a jamais favorisé l’emploi."

"Un décalage entre le discours et la réalité sociale de ce pays"
— Lilâ Le Bas, UNEF

Jean-Claude Mailly , secrétaire général du syndicat Force Ouvrière, a commenté essentiellement la loi Travail défendue par François Hollande. "Je me demande si le président connait la loi El Khomri, puisqu'il n'y a rien dans la loi sur le travail qui permet de renforcer le CDI. C’est une loi de régression sociale, visiblement le président ne l’a pas compris."

Lilâ Le Bas , déléguée générale de l'UNEF, déplore "un décalage entre le discours et la réalité sociale de ce pays" ."Ce n'est pas vrai qu'aujourd'hui il est à l'écoute : il a fallu que les jeunes se mobilisent six fois sur la loi Travail pour que, seulement maintenant, le gouvernement commence à entendre les contre-propositions des jeunes".

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