Présidentielle : "Seul François Fillon n'a pas renvoyé le questionnaire pour favoriser la transparence et l'éthique" selon Transparency

François Fillon, le 8 mars 2017, à l\'Assemblée nationale.
François Fillon, le 8 mars 2017, à l'Assemblée nationale. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Après les déclarations de patrimoine des 11 candidats à la présidentielle, 10 ont suivi les recommandations de Transparency international France pour favoriser la transparence et l'éthique durant la période électorale.

Pour la première fois, les déclarations de patrimoine des 11 candidats à la présidentielle ont été publiés mercredi 22 mars sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Biens immobiliers, comptes bancaires, véhicules, tout y est répertorié. Mais il ne s'agit que de déclarations. Personne n'est chargé de les contrôler. Pour Laurène Bounaud, déléguée générale de Transparency international France, la mesure va dans le bon sens, mais ça n'est pas suffisant.

franceinfo : Nous avons connaissance du patrimoine des candidats, mais il ne s'agit que de déclaration. Personne n'est chargé de les contrôler. Est-ce suffisant ?

Laurène Bounaud : Cela va dans le bon sens. C'est une démarche inédite, mais ce n'est pas suffisant. Nous avions adressé le 10 février dernier 11 recommandations et mesures très concrètes aux candidats à la présidentielle à mettre en œuvre dans leurs programmes pour favoriser plus de transparence et d'éthique en politique. Parmi elles, des mesures concernant le renouvellement de la classe politique (sur le cumul des mandats), des mesures sur l'indépendance de la justice, sur l'intégrité des décideurs publics (casier vierge, vérification de la situation fiscale préalablement à la nomination des ministres ou des hauts fonctionnaires), mais aussi des mesures sur le financement de la vie politique ou le contrôle des dépenses en période électorale.

Est-ce que tous les candidats se sont prêtés au jeu ?

On a fait un bilan ce jeudi matin. Sur les 11 candidats, 10 nous ont répondu. Seul François Fillon ne l'a pas fait. Cela veut dire que ces enjeux de transparence et d'éthique dans la vie publique sont pris au sérieux par la classe politique. On a 10 chances sur 11 que le prochain président mette en œuvre nos recommandations. Cela veut dire aussi que la mobilisation des ONG ou des citoyens porte ses fruits.

Vous savez pourquoi François Fillon ne vous a pas répondu ?

On a pas eu de retour sur notre questionnaire de sa part. On s'est assuré que le questionnaire a bien été reçu par tous les candidats. Il reste 30 jours avant le premier tour de l'élection, il y a donc toujours la possibilité de nous répondre.

Est-ce qu'il y a un effet pervers à cette transparence ? Savoir qu'un candidat à un riche patrimoine n'est-il pas de nature à fausser l'élection ? L'électeur ne peut-il pas se dire que finalement il ne connait rien à la vie du citoyen lambda ?

Ce qui est très important, c'est que les citoyens puissent voter en étant informés. Il ne s'agit pas d'établir un classement entre qui est le plus riche et le moins riche. Ce ne sont pas des informations intéressantes.