Pourquoi Henri de Castries est un atout de poids dans la campagne de François Fillon

Henri de Castries, alors président d\'Axa, s\'exprime lors d\'une assemblée générale du groupe à Paris, le 27 avril 2016.
Henri de Castries, alors président d'Axa, s'exprime lors d'une assemblée générale du groupe à Paris, le 27 avril 2016. (ERIC PIERMONT / AFP)

L'ancien PDG d'Axa a rendu public, mardi 17 janvier, son engagement auprès du candidat des Républicains à la présidentielle.

Son soutien est désormais public. L'ex-président d'Axa Henri de Castries explique dans Le Figaro, mardi 17 janvier, pourquoi il a choisi de s'engager au côté de François Fillon, dont il est un proche.

Issu de la fameuse promotion Voltaire de l'ENA et diplômé d'HEC, tout comme son ancien condisciple François Hollande, ce catholique et libéral convaincu de 62 ans offre au candidat LR à la présidentielle son poids dans le monde des affaires, son réseau exceptionnel et son parcours prestigieux. Franceinfo liste les raisons qui font de l'ex-président d'Axa un poids (très) lourd de l'équipe Fillon, promis à Bercy ou à Matignon.

Il incarne la réussite dans le monde des affaires

Difficile d'avoir un parcours plus brillant. Sorti dans la botte, c'est-à-dire parmi les tout premiers de l'ENA, Henri de Castries intègre l'inspection des finances, tremplin idéal vers les postes-clés de l'industrie et de la banque, explique Le Monde. Lui choisit les assurances.

Entré en 1989 à la direction financière d'Axa, il en est nommé directeur général en 1993, président du directoire en 2000, puis PDG de 2010 à août 2016. Il en fait un mastodonte au niveau mondial, qui frôle en 2016 les 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon Le Figaro. Et devient lui-même, rappelle Le Monde, le "neuvième patron le mieux payé du CAC 40 en 2015 selon le cabinet Proxinvest (avec une rémunération totale de 5,4 millions d’euros)". 

Le revers de la médaille pour conquérir l'électorat populaire, alors que François Fillon fait déjà figure de candidat des classes privilégiées. Cet aristocrate assume : "Ce patrimoine, c'est le reflet de la réussite d'une entreprise qui a créé des milliers d'emplois en France, qui a généré de considérables ressources fiscales et qui a fait rayonner notre pays à l'étranger. On peut me pointer du doigt mais on n'arrivera pas à me faire rougir", proclame-t-il dans Le Figaro

Il a tissé sa toile "au niveau mondial"

Autre atout incontestable du comte Henri de la Croix de Castries (son nom complet) : son excellente connaissance des décideurs économiques et politiques mondiaux. En 2014, Challenges expliquait en détail comment le PDG d'Axa avait "tissé sa toile au niveau mondial", cultivant depuis les années 1980 ses relations américaines, intégrant en 2009 "l’Institut Bosphore lancé par le patronat turc" ou conseillant le président chinois Xi Jinping.

Avec un "réseau planétaire" qui s'étend "de New York à Pékin", cet habitué du Forum économique mondial de Davos a ses entrées dans les cénacles qui comptent. Il est ainsi, relève Le Monde"président du Bilderberg, un cercle informel de dirigeants mondiaux qui suscite tous les fantasmes". Fantasmes que sa participation ouverte à la bataille présidentielle pourrait réactiver.

Il a présidé un cercle de réflexion libéral

Autre corde à son arc : son côté agitateur d'idées (libérales). Henri de Castries vient tout juste de se mettre en congé du libéral institut Montaigne "pour ne pas compromettre son indépendance".

Fondé par un autre ex-président d'Axa, Claude Bébéar, ce cercle de réflexion est connu comme grand producteur de rapports destinés à servir de base programmatique pour les libéraux. L'Institut Montaigne a ainsi publié dix propositions pour la santé où l'on retrouve d'ailleurs des idées avancées par François Fillon (comme une "franchise de base annuelle" pour l'assuré).

Malgré ses démentis, Henri de Castries passe ainsi, "à tort ou à raison", comme l'inspirateur de la partie du programme Fillon sur la sécurité sociale, et nul ne doute des capacités de cet ex-haut fonctionnaire à élaborer un programme (ou un discours de politique générale). Comme l'ont fait, avant lui, ses ex-condisciples de la promotion Voltaire Dominique de Villepin ou François Hollande. De quoi le convaincre de se lancer en politique ?

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