En voulant tacler Fillon, De Rugy révèle l'écart de salaire entre son assistant et son assistante au Parlement

Le député écologiste François de Rugy arrive dans son bureau de vote pour le premier tour de la primaire de la gauche, le 22 janvier 2017, à Nantes.
Le député écologiste François de Rugy arrive dans son bureau de vote pour le premier tour de la primaire de la gauche, le 22 janvier 2017, à Nantes. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

L'écologiste a voulu montrer l'exemple au candidat de la droite en mettant en ligne, sur Twitter, les fiches de paie de deux de ses collaborateurs.

François de Rugy espérait sans doute montrer l'exemple après l'affaire Penelope Fillon. Mais en publiant sur Twitter la fiche de paie de deux de ses assistants parlementaires, lundi 30 janvier, l'écologiste s'est mis lui-même dans l'embarras : certes, ses deux collaborateurs, un homme et une femme, sont beaucoup moins rémunérés que ne l'était l'épouse de François Fillon quand elle occupait officiellement l'emploi d'assistante parlementaire. Mais, entre ses deux collaborateurs, l'homme gagne davantage que la femme, pour moins d'heures de travail. Mardi, le député s'est justifié, en expliquant au Lab qu'ils occupaient des postes différents.

"Ce soir avant de quitter le bureau, je signe les fiches de paie de deux de mes collaborateurs parlementaires", expliquait-il dans son tweet, accompagné du hashtag "#Penelopegate". Mardi matin, le message avait été effacé. Les noms des deux collaborateurs ont été cachés, mais leur numéro Insee est toujours visible, et permet de savoir qu'il s'agit d'un homme et d'une femme.

Or, le collaborateur est payé 2 434 euros net pour 121 heures mensuelles de travail, tandis que la collaboratrice touche 2 289 euros net pour plus de 151 heures de travail. Les images, reprises par un internaute, permettent de constater cet écart. 

"Secrétariat" contre "travail législatif"

Interrogé par Le Lab, François de Rugy a justifié cet écart de salaires. "Ce sont deux personnes qui n'ont pas la même expérience, le même parcours et qui ne font pas le même travail." "Il y a une personne qui fait un travail plutôt de secrétariat, qui s'occupe de la gestion de l'agenda, des déplacements", a-t-il expliqué, "quand l'autre fait un travail législatif, de rédaction de propositions de loi et d'amendements".

Le député de la Loire-Atlantique s'est agacé qu'on "préfère polémiquer avec ceux qui font la transparence plutôt qu'avec ceux qui ne la font pas", expliquant qu'il voulait montrer la véritable rémunération d'un assistant parlementaire. "Ce sont les mésaventures de la transparence, il faudrait tourner sept fois ses doigts au-dessus de son clavier avant de tweeter", conclut-il.

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