Cinq choses à retenir du meeting de François Fillon à la Villette

François Fillon, lors de son meeting à la Villette, à Paris, le 29 janvier 2017. 
François Fillon, lors de son meeting à la Villette, à Paris, le 29 janvier 2017.  (QUENTIN VEUILLET / CITIZENSIDE / AFP)

Le candidat de la droite, empêtré dans l'affaire Penelope Fillon, a lancé sa campagne au cours d'un discours devant des milliers de supporters à Paris. Voici ce qu'il faut en retenir. 

Il a fait applaudir Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac et a fait huer ses opposants politiques, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par François Hollande. François Fillon tenait, dimanche 29 janvier, son premier grand meeting en tant que candidat de la droite à la présidentielle. Devant plus de 8 000 supporters, il a exposé les grandes lignes de son programme et a donné le ton de sa campagne, en pleine affaire Penelope Fillon. Voici ce qu'il faut retenir de son discours.  

Un slogan : "La France libre"

François Fillon a fait de la liberté son leitmotiv, employant le terme à plusieurs reprises. "Cette idée a plus de 1 000 ans et elle a toujours 20 ans", a-t-il lancé en préambule. Puis de préciser, plus tard : "Si je n'avais qu'un seul slogan, ce serait "Une France libre". Une France libre de combattre le totalitarisme islamique avec tous les États volontaires sans aucune exclusive. Une France libre de dire non aux États-Unis quand ils imposent leurs lois au mépris du droit international à nos entreprises. Libre de parler avec la Russie avec franchise." 

Un ton : offensif et autoritaire

Le candidat de la droite a multiplié les formules chocs, galvanisant ses troupes. "Haussez le ton, haussez la voix", a-t-il demandé à ses supporters, venus en nombre pour l'applaudir. 

Lui affirme avoir une vision claire de ce qu'il fera à la tête de l'Etat. "Je ne veux pas d'une France en deuxième division. Je veux une France qui fait la course en tête", a-t-il martelé, évoquant notamment les classements sur l'éducation ou les performances économiques où la France ne brille pas. Un discours musclé qu'il veut en opposition avec la politique de ses adversaires, n'hésitant pas à critiquer notamment François Hollande. "Il faut un vrai président de la République. Avec François Hollande, la France a payé le prix fort. On n'existe pas si on ne sait pas ce que l'on veut ni où on va."

Il entend également mettre fin au "chaos français" en rétablissant "l'autorité de l'Etat" et en misant sur "l'ordre et le mouvement". 

Une séquence émotion : "A travers Penelope, c'est moi que l'on veut casser"

Dès le début de son discours, François Fillon est revenu sur les accusations qui pèsent sur sa femme. Le Canard enchaîné affirme qu'elle a occupé un emploi fictif comme collaboratrice parlementaire de son mari puis de son suppléant, et comme salariée de la Revue des deux mondes

"A travers Penelope, on cherche à me casser. Moi, je n'ai peur de rien, j'ai le cuir solide. Si on veut m'attaquer, qu'on m'attaque droit dans les yeux, mais qu'on laisse ma femme en dehors de ce débat politique", a-t-il expliqué. Des trémolos dans la voix, il s'est remémoré : "Depuis le début, Penelope est à mes côtés, avec discrétion, avec dévouement. J'ai construit mon parcours avec elle." 

Et de conclure : "Devant vous, mes amis, je veux dire à Penelope que je l'aime et que je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont voulu nous jeter aux loups."

Des annonces : l'uniforme à l'école, les peines planchers…

Au-delà des critiques, François Fillon a dressé le portrait de la France qu'il entend modeler s'il est élu à l'Elysée, détaillant quelques mesures qu'il compte mettre en place. 

• Le rétablissement des peines planchers. "Un délit" nécessite "une sanction", assure François Fillon, plaidant pour "une justice ferme et rapide" et pour le rétablissement des peines planchers. Créées par la loi Dati en 2007, elles ont été supprimées en 2014.   

• L'instauration de quotas d'immigration. François Fillon souhaite "réduire l'immigration au strict minimum". Et pour y parvenir, il compte instaurer des "quotas, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d'intégration".

• La revalorisation des petites retraites. S'il affirme qu'il faut "cotiser plus longtemps" du fait de l'allongement de l'espérance de vie, le candidat de la droite estime que les retraités les plus défavorisés doivent être aidés. Il annonce une revalorisation annuelle "de plus de 300 euros pour les pensions de moins de 1 000 euros et d'au moins 600 euros pour les petites pensions de réversion". 

• Le port de l'uniforme et l'abrogation de la loi sur les rythmes scolaires. Parce qu'il donnerait selon lui "le goût d'être ensemble et d'être égaux", François Fillon souhaite remettre l'uniforme scolaire à l'ordre du jour. Il annonce également l'abrogation de la loi sur les rythmes scolaires, critiquant la politique menée dans l'Education nationale par la gauche. 

• La lutte contre la pauvreté. François Fillon entend mettre sur pied une "loi de programmation pour la guerre contre la pauvreté", comme il existe une loi de programmation militaire, un plan pluriannuel de lutte contre la précarité dont il n'a pas donné le détail. 

• Le contrôle administratif du culte musulman. Le candidat assure qu'il faut imposer "un strict contrôle administratif" sur le culte musulman et ceux qui le représentent, "tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé". Il plaide également pour "la dissolution de tous les mouvements qui se réclament du salafisme ou des Frères musulmans".  

Un tacle à ses adversaires : "Il y a quatre gauches, dont l'extrême droite"

François Fillon a conclu son discours offensif en s'en prenant à ses adversaires. Et face à lui, il estime qu'il se trouve, citant André Malraux, "quatre gauches, dont l'extrême droite" : Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Le premier, qualifié de "Fidel Castro de YouTube", représente "la gauche pure et dure". Le PS regroupe pour sa part "les naufragés du Titanic hollandais". L'ancien ministre de l'Economie et conseiller de François Hollande représente "le sortant", dont on "attend toujours le projet", tandis que Marine Le Pen, qualifiée de "copie de Jean-Luc Mélenchon", promet "la dépense publique à n'en plus finir".

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