Après la réforme de la Sécu, François Fillon va-t-il reculer sur les 39 heures payées 37 ?

François Fillon, le 15 décembre 2016 à Bruxelles (Belgique), lors d\'une rencontre avec les leaders des partis du centre et de la droite européens.
François Fillon, le 15 décembre 2016 à Bruxelles (Belgique), lors d'une rencontre avec les leaders des partis du centre et de la droite européens. (THIERRY CHARLIER / AFP)

Jérôme Chartier, conseiller spécial de François Fillon, assure que le candidat n'a jamais évoqué la possibilité de faire travailler les fonctionnaires 39 heures payées 37. C'est pourtant ce que tout le monde avait compris.

Opération déconstruction. Depuis sa victoire à la primaire de la droite, François Fillon alterne entre discrétion médiatique et travail de pédagogie sur son programme présidentiel jugé trop "brutal", y compris dans son propre camp. Les efforts d'explication donnent parfois lieu à des reculades, comme sur le projet de réforme de la Sécurité sociale. Un autre dossier pourrait revenir empoisonner la vie du candidat Fillon. Il s'agit de l'augmentation du temps de travail des fonctionnaires.

Le programme de l'ancien Premier ministre est plutôt clair dans sa volonté de faire passer la fonction publique de 35 à 39 heures de travail hebdomadaire, mais la compensation salariale associée reste floue. Jérôme Chartier, conseiller de François Fillon, a assuré au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, dimanche 18 décembre, que le candidat de la droite n'avait jamais évoqué 39 heures payées 37.

"37 heures, c'est un exemple"

"Ce n'est pas vrai, il ne l'a pas dit", martèle Jérôme Chartier, qui assure que tout se fera au travers de la négociation avec les syndicats. Pourtant, les propos de François Fillon lors du débat de l'entre-deux-tours avec Alain Juppé semblaient faire entendre une autre musique. Si l'ancien chef du gouvernement évoquait bien un passage par la négociation, il avançait malgré tout 39 heures payées 37 comme objectif final.

"Moi, je veux une négociation qui soit un partage des gains entre la puissance publique (...) et les salariés, expliquait alors François Fillon. 37 heures, c'est un exemple que j'ai cité, parce que j'ai voulu citer l'entreprise Smart en Lorraine, où les salariés ont décidé à la majorité de travailler 39 heures payées 37".

L'Etat est en grande difficulté, il faut que tout le monde fasse un petit effort.François Fillon

"Si on veut que le pays se redresse, il faut que tout le monde fasse un effort supplémentaire, il faut qu'on travaille un peu plus et qu'on dépense un peu moins, insiste François Fillon face à son contradicteur d'Alain Juppé, il y a un espace de négociation possible." Dans la bouche de Jérôme Chartier, l'objectif semble moins clair puisque le député refuse d'anticiper sur la négociation avec les syndicats. Or, difficile d'imaginer les organisations syndicales faire volontairement ces concessions sur le salaire des fonctionnaires.

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