Procès Fillon : "Il y a eu un effet de transparence" pour le métier de collaborateur parlementaire, selon l'Unsa

Sur les bancs de l\'Assemblée nationale (illustration).
Sur les bancs de l'Assemblée nationale (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'affaire Fillon "a pas mal écorné notre crédibilité" de collaborateur parlementaire, a regretté Astrid Morne, du syndicat de collaborateurs parlementaires Unsa.

"Il y a eu un effet de transparence certain, a priori bénéfique, mais il y a encore beaucoup de choses à faire pour qu’à côté de cette transparence, un certain nombre de droits soient accordés" aux collaborateurs parlementaires, a estimé lundi 24 février sur franceinfo Astrid Morne, secrétaire adjointe du syndicat de collaborateurs parlementaires Unsa à l’Assemblée nationale.

Trois ans après le "Penelopegate" s'ouvre lundi le procès Fillon. L'ex-Premier ministre, François Fillon, son épouse, Penelope, et son ancien suppléant, Marc Joulaud, doivent répondre des soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon.

L'affaire Fillon a-t-elle été un coup de tonnerre ?

Astrid Morne : Cela a été un coup de tonnerre, dans un premier temps. Cela a pas mal écorné notre crédibilité : notre métier était perçu comme étant extrêmement bien payé avec des avantages fantaisistes, pour des personnes qui ne faisaient rien. La réalité est toute autre. On a eu cet effet très négatif, puis on a eu un coup de projecteur.

Au sein de la classe politique, ça a fait prendre une certaine conscience, comme le fait qu’il y avait une nécessité de clarifier les choses. Un salaire maximum a été établi. Les députés ont une enveloppe de 10 000 euros pour employer jusqu’à six personnes et chaque collaborateur parlementaire ne peut pas toucher plus de la moitié de cette enveloppe. Chaque collaborateur ne peut donc pas toucher plus de 5 000 euros brut. C’est un travail précaire, car l’on perd notre travail et notre salaire dès lors que le ou la député.e n’est pas élu.e. Surtout, il n’y a pas de salaire minimum, de grille de salaires. Vous avez des gens à bac+5 payés au smic et ce n’est pas chose rare du tout.

Y a-t-il encore de mauvaises pratiques ?

Il y a de mauvaises pratiques, peut-être moins [qu'avant]. Vous avez aussi eu comme effet positif l’établissement d’une fiche métier. Les députés ont jugé utile de pouvoir clarifier ce que nous étions amenés à faire. Il y a des personnes, parmi les collaborateurs, qui peuvent être amenées à faire du secrétariat, mais vous avez également des profils de communicants, d’autres qui travaillent sur les textes de loi, comme la rédaction d’amendements et il y en a beaucoup en ce moment sur le projet de loi retraites. C’est un métier très divers, qui prend beaucoup de temps et qui demande beaucoup d’énergie et de passion de la part de ceux qui l’exercent.

L'affaire Fillon a-t-elle produit de la transparence ?

Il y a eu un effet de transparence certain, qui est a priori bénéfique. Cette espèce de nébuleuse dans laquelle on évoluait n’était peut-être pas très saine, mais il y a encore beaucoup de choses à faire pour qu’à côté de cette transparence, il y ait un certain nombre de droits qui soient accordés aux collaborateurs, notamment sur les salaires.

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