Présidentielle : la droite divisée derrière son soutien "unanime" à François Fillon

François Fillon sur le plateau de France 2, le 5 mars 2017.
François Fillon sur le plateau de France 2, le 5 mars 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Les fillonistes tentent de relancer la campagne et de rassembler les élus Les Républicains après les nombreux rebondissements liés à l'affaire Fillon. Mais la tâche s'annonce ardue.

"A l'unanimité." Lundi 6 mars au soir, le comité politique des Républicains déclare, par la voix du président du Sénat, Gérard Larcher, qu'il "a renouvelé à l'unanimité son soutien [à François Fillon] et s’engage à œuvrer au rassemblement des familles politiques de la droite et du centre autour de lui et du projet qu’il porte pour le redressement national".

"Maintenant, place à ce dialogue entre François Fillon, le candidat, et le peuple de France", a lancé, le lendemain matin, Bruno Retailleau, le coordinateur de la campagne du candidat de droite. Pourtant, malgré toute l'énergie déployée par les fillonistes pour clore ce feuilleton, des interrogations subsistent. Comment rassembler la famille de la droite ? Franceinfo fait le point sur les positions très hétéroclites des élus LR. 

Ceux qui soutiennent à nouveau (et clairement) Fillon 

Ils ont pu avoir des doutes. Certains ont même cherché, en privé, à "débrancher" François Fillon. Mais tout cela est désormais terminé. Gérard Larcher et Bernard Accoyer, pourtant fillonistes, ont été pendant plusieurs jours à la manœuvre pour tenter de convaincre le candidat de renoncer. Mais, face à la détermination de leur champion et l'échec du plan Juppé, le président du Sénat et l'ex-président de l'Assemblée nationale ont plié et soutiennent maintenant mordicus l'ancien Premier ministre. "J'assume la distance que j'avais prise avec François Fillon. Je le lui ai dit, quand nous étions tous les deux dans son bureau", a expliqué sur France Inter Gérard Larcher, avant d'assurer : "François Fillon peut gagner. Il faut que l'on retrouve la raison. Il n'a pas été traité comme un justiciable normal." 

Même conviction du côté de Bernard Accoyer. "La situation n'était pas enthousiasmante à l'époque. Mais tout a changé. Il y avait plusieurs solutions, il n'y en a plus qu'une, c'est François Fillon, a assuré le secrétaire général des Républicains sur LCIDans la vie, il faut dire les choses. Une fois qu'elles sont dites, on peut repartir sur autre chose."  

Ceux qui feront campagne, mais sans grand enthousiasme

La majorité des sarkozystes et des juppéistes se sont rangés derrière François Fillon. Mais l'enthousiasme est variable. Dans le camp de l'ancien président de la République, dont les fidèles se sont réunis plus d'une heure dans un restaurant près de l'Assemblée nationale, le ton se veut, chez certains, très volontaire et sans ambiguïté. "Nous avons dit clairement autour de la table que nous étions engagés derrière François Fillon, dès lors que celui-ci a affiché sa détermination", a déclaré Brice Hortefeux.

Selon le chef de file des députés LR, Christian Jacob, les maîtres-mots sont maintenant "unité et rassemblement"Christian Estrosi, qui avait avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand demandé au candidat de la droite une rencontre pour le convaincre d'une "sortie respectueuse", a également changé de ligne. Il faut "contribuer à l'unité de toutes nos forces, avec les centristes, pour éviter une victoire de Marine Le Pen", a-t-il lancé. Mais, Nadine Morano, beaucoup plus virulente, a, elle, estimé qu'"on ne peut pas exclure que ça se plante, il faut garder les parrainages", selon des propos rapportés.

Du côté des juppéistes, on affiche "la loyauté", malgré "les désaccords". "Les juppéistes restent loyaux à leur famille politique. Bien sûr, il y a eu des désaccords, il en reste, mais la priorité aujourd'hui est de permettre à nos idées de l'emporter", a assuré Jean-Pierre Raffarin, selon des propos recueillis par Le Figaro. "Si certains gardent des réserves sur le candidat, ils sont convenus, dans leur 'immense majorité', de soutenir la campagne présidentielle en défendant le programme présenté dans le week-end", écrit le quotidien de droite. 

Ceux qui restent en retrait

Pour autant, nombre de démissionnaires de la campagne de Fillon, 305 élus selon le compteur de Libération, campent sur leur position. Bruno Le Maire, qui avait été l'un des premiers à claquer la porte, ne reviendra pas sur sa position. "Il a dit très clairement qu'il se retirait de la campagne. Il a pris une décision en conscience, il n'y a pas de raisons de revenir dessus", fait savoir à franceinfo l'entourage de l'ex-candidat à la primaire. Même position pour Thierry Solère. "J'ai quitté mon poste de porte-parole pour des raisons qui me semblent assez structurantes et qui n'ont pas changé aujourd'hui", a confié à franceinfo l'ex-porte-parole de François Fillon. 

D'autres ont annoncé, sur Twitter, le maintien de leur désistement, à l'instar de Dominique Bussereau, député de Charente-Maritime, et soutient d'Alain Juppé à la primaire. 

Une question demeure : que va faire l'UDI ? Le parti centriste doit se réunir mardi soir pour débattre de la situation, qui s'annonce très compliquée. Alors que le parti a suspendu la semaine dernière son soutien à François Fillon, les ténors sont très divisés, entre ceux qui soutiennent le candidat de droite, ceux qui veulent le remplacer par Jean-Louis Borloo et ceux qui vont soutenir Emmanuel Macron. 

Vous êtes à nouveau en ligne