Affaires Fillon : il faut "un meilleur encadrement" du métier d'assistant parlementaire

Le palais du Luxembourg à Paris, le sénat. (Photo d\'illustration)
Le palais du Luxembourg à Paris, le sénat. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

Le collaborateur parlementaire de deux sénateurs du Rassemblement démocratique social européen, Maxence Gille, déclare mercredi sur franceinfo que l'affaire Fillon est l'occasion de revendiquer "une meilleure reconnaissance de la profession."

Les collaborateurs parlementaires du Sénat ont protesté, mardi 8 février, contre la précarité de leur statut, devant l'entrée du Palais du Luxembourg. Parmi eux, Maxence Gille, collaborateur parlementaire de deux sénateurs du Rassemblement démocratique social européen (RDSE) et co-président de l'Association des collaborateurs de gauche du Sénat (AGAP).

Invité mercredi de franceinfo, il a réclamé une réforme du statut "de l'élu et des collaborateurs". Selon lui, l'affaire François Fillon ne reflète pas la réalité car il y a "des gens qui bossent", même parmi les "femmes de" et les "fils de".

franceinfo : Vous additionnez deux mi-temps pour deux sénateurs. Que changerait la fin du cumul des mandats ?

Maxence Gille : Cela va favoriser des temps plein. Ca dégagera du temps pour les parlementaires qui vont se consacrer à ce mandat. Ils auront besoin d'avoir des équipes plus fournies. Mais cela va rejoindre une autre problématique : celle de l'enveloppe destinée à payer des collaborateurs. Le fait d'être parlementaire à temps plein va peut-être susciter le besoin d'augmenter l'enveloppe pour avoir des équipes plus fournies.

Faut-il augmenter cette enveloppe ?

C'est ce qui a été abordé par monsieur Fillon dans sa conférence de presse. Il faut une réforme du statut à la fois de l'élu, des collaborateurs et de leurs équipes. Actuellement, nous avons des enveloppes comme l'Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) qui est souvent décriée ou le crédit collaborateur qui, dans son fonctionnement actuel, n'est pas optimal. Si vous avez trois personnes, que vous êtes très content de leur travail et que vous voulez les augmenter, si l'enveloppe est pleine, vous n'avez pas de marge de manœuvre pour accorder des primes. On gagnerait à reformer le statut de l'élu et du collaborateur pour que tout soit plus clair et transparent et qu'il y ait une meilleure reconnaissance de la profession.

François Fillon a déclaré que personne n'a le droit de contrôler le travail des collaborateurs parlementaires. Qu'en pensez-vous ?

Quand j'entends cela, ça me fait bondir. Evidemment que le parlementaire doit avoir le choix des équipes avec lesquelles il veut s'entourer mais on n'est pas en marge du droit et du travail sur lequel il n'y a aucun contrôle. Les heures supplémentaires ne peuvent pas être payées parce qu'il n'y a pas d'enveloppe pour ça. On peut avoir des RTT mais c'est à la discrétion du parlementaire et malheureusement nous avons des collègues qui n'en ont pas du tout.

Que demandez-vous exactement ?

C'est pour cela que nous avons milité hier. Depuis des années, nous nous battons pour une meilleure reconnaissance de la profession et nous sommes peu entendus. Avec l'affaire Fillon, tout le monde parle des collaborateurs parlementaires, tout le monde parle de ce qu'on est censé faire ou pas, de nos salaires. Je rappelle que le salaire médian brut est de 2 950 € pour une moyenne d'âge de 43 ans. Il y a une vraie convergence entre une envie démocratique d'avoir plus de transparence et nous qui voulons avoir une plus grande reconnaissance et un meilleur encadrement. Ça passe par une convention collective par branche. On peut mettre sur la table une grille de salaires, un niveau minimal d'études pour faire ce métier etc.

A l'Assemblée nationale, il y a les "femmes de", les "fils de" et les autres ?

Non, parce qu'il y a des "femmes de" et des "fils de" qui bossent. Notre pire cauchemar, c'est qu'on interdise simplement les emplois familiaux et qu'on s'arrête là. Il y a des gens qui travaillent. Cette affaire a montré qu'il pourrait avoir des emplois de complaisance ailleurs avec des personnes qui ne sont pas forcément de la famille.

Maxence Gille : "Depuis des années, nous nous battons pour une meilleure reconnaissance de la profession et nous sommes peu entendus."
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