Frais de déplacement : Hollande plus économe que Sarkozy

Le président François Hollande, suivi de sa compagne Valérie Trierweiler, le 2 août 2012 à la gare de Lyon, à Paris.
Le président François Hollande, suivi de sa compagne Valérie Trierweiler, le 2 août 2012 à la gare de Lyon, à Paris. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Les crédits affectés en 2013 aux déplacements "baissent de 6,19% par rapport à l'année dernière", selon le rapport d'un député. Mais la polémique sur l'avion présidentiel est relancée. 

POLITIQUE - Le train moins cher que l'avion, et pourtant... Dans un rapport rendu public jeudi 8 novembre, le député UMP Jérôme Chartier souligne que les crédits affectés aux déplacements du président de la République "baissent de 6,19%" entre les budgets 2012 et 2013. Il pointe toutefois la faible utilisation de l'avion présidentiel A330 au profit du train. Ce qui, selon le député, renchérit le coût de cet appareil.

Ce rapport note une baisse de 19,4 millions d'euros à 18,2 millions d'euros de frais de déplacement présidentiel. Le 23 octobre à l'Assemblée, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, avait précisé que le voyage de François Hollande à Bruxelles (hébergement, restauration, location de véhicules et transport compris) s'était chiffré à 78 000 euros les 28 et 29 juin, contre 114 000 euros pour Nicolas Sarkozy les 1er et 2 mars.

"Air Sarko One", épine dans le pied d'Hollande

Jérôme Chartier déplore toutefois que l'avion présidentiel soit toujours intégré au budget du ministère de la Défense et non au budget de l'Elysée. Il proteste surtout contre sa faible utilisation, évoquant "la double peine" pour la dépense publique : le coût du voyage en train et les coûts de maintenance de l'A330. "Chacun sait dans le milieu aéronautique qu'un appareil commence à coûter cher lorsqu'il ne vole pas", affirme-t-il. Depuis mai, les pilotes de l'A330 ont effectué "158 heures de vol à vide pour se maintenir en condition opérationnelle".

De toute façon, le vendre n'arrangerait pas les choses : "Pour remettre aux standards du transport aérien l'ex-Air Sarko One, il faudrait dépenser une centaine de millions d'euros et casser chambre, bureau et salle de bain présidentiels, salle de réunion, centre de télécommunications, mini-bloc opératoire", selon Le Point. Et puis, en cas de vente de "Air Sarko One", "l'État devrait alors acquérir un nouvel avion, y installer les équipements de communication nécessaires au président", soulignait l'hebdomadaire le 18 mai. Solution guère économique.

Surnommé "Air Sarko One", le financement de l'appareil a été réalisé sur le budget de la Défense. France 2 avait pu filmer l'intérieur le 14 octobre. 

Un rapport "partial" et "de mauvaise foi"

Le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a jugé "partial" le rapport de Jérôme Chartier, précisant notamment que le ministère de la Défense a procédé à "une optimisation de ces moyens et donc à des économies""Le taux d'heures de vol à vide en entraînement" est le même sur une période comparable lors du précédent quinquennat, a-t-il ajouté. Alain Vidalies a assuré que les efforts engagés depuis mai pour réduire le train de vie de la présidence seront "poursuivis et accentués en 2013".

De son coté, Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a estimé que le document est d'"une mauvaise foi caractérisée". "La méthode qui consiste à imputer à François Hollande les conséquences financières du train de vie somptuaire de son prédécesseur est une manipulation grossière."

Vous êtes à nouveau en ligne