Encore des discussions sur le pouvoir d’achat...

(Radio France © France Info)

Le gouvernement entame aujourd'hui avec les partenaires sociaux une conférence nationale sur le pouvoir d’achat et les salaires. Au cœur des négociations : la baisse du niveau de vie des "catégories intermédiaires".

C’est la deuxième des trois grandes conférences sociales annoncées par Nicolas Sarkozy. La première, le 4 octobre dernier, n’avait débouché sur aucune annonce concrète, la plupart des sujets évoqués ayant été renvoyés à des groupes de travail ou des négociations futures. Les syndicats attendent donc de cette réunion de véritables avancées.

  • Sur le tassement des salaires intermédiaires

    Economistes, syndicats et sociologues observent que le niveau de qualification à l'entrée sur le marché du travail a considérablement augmenté en France, sans que les salaires suivent. Cela entraîne une dépréciation de la valeur économique des diplômes et une aspiration des salaires intermédiaires vers le bas. De plus en plus de travailleurs assument d’importantes responsabilités... sans la rémunération qui va avec.

  • Sur la hausse de certains postes incompressibles

    Si l'inflation reste sage selon l'Insee, les syndicats estiment qu'il y a tout de même urgence à agir. Ils pointent les postes incompressibles : logement, essence, et les hausses qui se profilent sur les produits alimentaires, ou la santé avec les franchises.

  • Sur la question des indicateurs

    La Conférence doit aussi servir à trouver une issue aux controverses sur les indicateurs statistiques d'emploi et de pouvoir d'achat. Le gouvernement entend faire le tour des problèmes, définir des orientations de réforme, un calendrier et une méthode.

    La ministre de l’Economie et de l’Emploi, Christine Lagarde conduira les débats à partir de 9h30, laissant le reste des négociations au ministre du Travail, Xavier Bertrand et au secrétaire d'Etat à la Consommation d'Etat, Luc Chatel, qui interviendra notamment sur la réglementation de la grande distribution. Xavier Bertrand pourrait aussi annoncer des modifications dans la fixation du Smic.

    Le haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, mènera également dans la matinée le volet des discussions consacrées à la manière de faire des diverses allocations de solidarité (RMI, Allocation parent isolé, Prime pour l'Emploi) un levier de politique de l'emploi, en vue de la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA).

    "Je veux être le président du pouvoir d'achat", avait répété le président de la République pendant toute sa campagne. Une ambition réaffirmée la semaine dernière lors de son discours devant le Conseil économique et social à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la misère.

    En l'absence de coup de pouce au Smic en juillet, la loi favorisant les heures supplémentaires, entrée en vigueur au 1er octobre, a été pour l'instant le seul gage de pouvoir d'achat donné par le gouvernement aux salariés, à condition qu'ils travaillent plus.