Sarkozy, Hollande, système politique... Trois critiques d'Emmanuel Macron après sa démission

Emmanuel Macron pendant la cérémonie de passation de pouvoirs au ministère de l\'Economie à Bercy, le 31 août 2016.
Emmanuel Macron pendant la cérémonie de passation de pouvoirs au ministère de l'Economie à Bercy, le 31 août 2016. (MAXPPP)

L'ex-ministre de l'Economie, qui a quitté le gouvernement mercredi, a accordé une interview au "Journal du dimanche".

Après son départ, il s'explique. Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Economie qui a démissionné mardi 30 août pour se consacrer à son mouvement politique En marche!, accorde une interview au Journal du dimanche, cinq jours plus tard. Il revient sur les raisons qui l'ont poussé à quitter le gouvernement, mais lance aussi reproches et critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy, François Hollande et, plus globalement, du système politique.

1Nicolas Sarkozy, synonyme de "rabougrissement de la France"

Interrogé au sujet de l'ancien chef de l'Etat et candidat à la primaire de la droite, l'ex-ministre de l'Economie juge que "si l'on regarde la frontière entre progressistes et conservateurs, il est clairement l'un des hérauts du conservatisme".

"Sa vision de l'identité française est une forme de rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes : c'est incohérent", assène Emmanuel Macron.

2Sur l'action de l'exécutif : "Malheureusement, on a fait beaucoup de choses à moitié"

Emmanuel Macron n'est pas tendre non plus sur le bilan de François Hollande. "Je ne construis pas ma démarche dans le rejet de ces années durant lesquelles j'ai conseillé et exécuté des réformes au sein du gouvernement. Mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié et, malheureusement, on a fait beaucoup de choses à moitié", déplore-t-il, sans toutefois citer directement le chef de l'Etat.

"Je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser", justifie encore Emmanuel Macron. Il estime qu'on l'a empêché de porter son projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé). "J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique européenne", poursuit l'ancien ministre. Il souligne qu'il a exprimé ses désaccords "de manière apaisée, dès le début" et que le chef de l'Etat connaissait ses convictions.

L'ancien ministre critique aussi le "slogan" de François Hollande "ça va mieux" : "Retrouver collectivement le goût de l'avenir, ce n'est pas dire aux Français qu'ils ont une perception fausse de leur présent", assène-t-il.

3"Le cynisme du système politique" dénoncé

"Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France", déclare-t-il.

"Je n'ai pas monté un fan-club ni un parti nord-coréen : ce qui m'importe, c'est avant tout de créer une dynamique progressiste pour que la prochaine élection ne soit pas une occasion manquée pour notre pays", ajoute-t-il. Ainsi, à la main tendue par le président de l'UDI, Emmanuel Macron répond favorablement en affirmant vouloir "travailler avec tous les progressistes, y compris les centristes". 

Quand on lui demande de clarifier ses intentions pour 2017, il insiste : son "objectif" est uniquement "que les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays". Néanmoins, il ajoute un peu plus loin qu'il a réfléchi au financement d'une campagne. Lui qui compte "près de 75 000 adhérents" à son mouvement, va "solliciter des dons partout, en France et à l'étranger, de façon contrôlée et transparente".

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