"Sans honneur", "minable", "pathétique"... Le soutien de Valls à Macron vu par les soutiens de Hamon

Manuel Valls, à Paris, le 29 janvier 2017.
Manuel Valls, à Paris, le 29 janvier 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)

L'ancien Premier ministre a annoncé mercredi qu'il votera pour le candidat d'En marche ! dès le premier tour de la présidentielle. Un choix qui indigne de nombreux socialistes, et pas seulement les frondeurs.

Les réactions ont été immédiates et parfois dures. Nombre d'élus socialistes ont critiqué Manuel Valls, mercredi 29 mars, qui a annoncé son intention de voter pour Emmanuel Macron lors du premier tour de l'élection présidentielle, le dimanche 23 avril. Retour sur ces attaques qui émanent des frondeurs. Mais pas seulement.

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Sa promesse pas respectée : "C'est le mépris de la démocratie"

Tous les candidats qui ont participé à la primaire de la gauche ont signé une "charte éthique", qui porte notamment cette mention : "Je m'engage à soutenir publiquement le (la) candidat-e qui sera désigné-e à l'issue des élections primaires citoyennes et à m'engager dans sa campagne." Et donc, logiquement, Benoît Hamon. "L'intérêt supérieur du pays, l'intérêt supérieur de la France, va au-delà des règles d'un parti, d'une primaire et d'une commission", s'est défendu Manuel Valls pour justifier son choix.

Des explications qui peinent à convaincre certains élus socialistes. Aurélie Filippetti, porte-parole de Benoît Hamon, a jugé sur franceinfo que Manuel Valls était "pathétique". "Ce qui me choque aujourd’hui, c’est le mépris de la démocratie, (...) d’un processus dans lequel nous étions tous engagés. Et qui est aujourd’hui piétiné par des gens qui sont tout simplement de mauvais perdants et des mauvais démocrates", a-t-elle notamment déclaré.

C'est pathétique tous ces gens qui viennent donner des leçons et qui ne respectent pas leur propre parole. Je trouve cela lamentable.Aurélie Filippetti, porte-parole de Benoît Hamonà franceinfo

Pour l'ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, Manuel Valls est un "homme sans honneur". L'ex-Premier ministre "ne respecte rien", a écrit le chef de file des frondeurs, Christian Paul. Régis Juanico, député PS de la Loire, cite Démosthène et parle de "parjure". "Pour un élu, le vote est sacré. S'il ne le respecte pas, qui le respectera ?", s'interroge Olivier Faure, député de Seine-et-Marne. "Minable", a sèchement commenté Karine Berger, députée des Hautes-Alpes.

Sans nommer Manuel Valls, Martine Aubry, finaliste de la primaire socialiste de 2012, a rappelé ce qu'elle avait fait à l'époque.

Son avenir au PS : "Il faut exclure les traîtres"

Gérard Filoche, fervent tenant de l'aile gauche du PS, et membre du bureau national du parti, a réclamé l'exclusion de l'ancien Premier ministre.

Interrogé sur ce point lors de son annonce, Manuel Valls, a comparé sa position à celle des frondeurs : "Moi ? Je serais exclu par ceux qui n'ont respecté aucune règle pendant cinq ans?", a-t-il répondu.

La désunion du PS : "pire" qu'à l'époque Royal

L'ancien ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, a estimé que le PS faisait pire que lors de la campagne présidentielle de 2007 où les ténors du parti avait peu soutenu Ségolène Royal.

De son côté, le numéro un du PS, Jean-Christophe Cambadélis s'est dit "triste" et a appelé "tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence". Une réaction pour le moins mesurée, en comparaison des autres membres de sa famille politique.

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