Référendum, taxe carbone, mécanisme de suivi, CETA... Quatre choses à retenir de l'intervention d'Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le Climat

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 10 janvier 2020 devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat.
Le président de la République, Emmanuel Macron, le 10 janvier 2020 devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat. (YOAN VALAT / AFP)

Le président de la République, Emmanuel Macron, a rendu visite, vendredi 10 janvier, aux 150 Français de la Convention citoyenne pour le climat. Franceinfo fait le bilan de cette intervention.

Un grand oral, devant 150 citoyens. Le président de la République, Emmanuel Macron, a rendu visite, vendredi 10 octobre, aux membres de la Convention citoyenne pour le climat, cette assemblée mise en place après la crise des "gilets jaunes" pour plancher sur des mesures environnementales. Pendant plus de deux heures, le président a répondu aux questions de ces citoyens rassemblés dans l'enceinte du Conseil économique, social et environnemental. "Si on veut ensemble réussir cette aventure démocratique inédite, j'ai besoin que vous sachiez prendre des options fortes", a déclaré le chef de l'Etat en préambule.

Franceinfo fait le point sur ce qu'il faut retenir de son intervention.

Il est "ouvert" à un référendum sur l'environnement

C'était la principale question de l'assemblée. Que deviendront leurs propositions, qui doivent être présentées en avril ? Interrogé à plusieurs reprises sur la possibilité de les soumettre à référendum, Emmanuel Macron s'y est dit "ouvert". "Je m'engage, sur ce qui peut l'être, à faire un référendum", a-t-il déclaré, en rappelant qu'une modification de la Constitution devait au préalable être votée par l'Assemblée et le Sénat. "Je pense qu'il faut sur quelques mesures en appeler à un référendum, car c'est ce qui permettra de partager avec tout le monde la préoccupation sur le sujet", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a rappelé la possibilité de deux types de référendum : l'un portant sur un texte de loi, à valeur décisionnaire, et l'autre sur une ou plusieurs propositions, avec une simple valeur indicative. "Si vous me demandez de soumettre quelque chose à référendum, je peux tout à fait le décider. Mais il y aura deux cas de figure. Soit ce qui a été préparé est un texte de loi. Le jour où il est voté par le peuple, il s'applique sans filtre", a-t-il dit. Autre option, "si c'est juste une proposition ou une série de propositions, le référendum n'a pas valeur législative, il a valeur consultative". "Cela ne s'est jamais fait mais je suis prêt à aller dans cette direction", a-t-il dit.

Il a reconnu une "erreur" sur la taxe carbone

Le président de la République a été interrogé sur la taxe carbone, ce dispositif à l'origine de la crise des "gilets jaunes" dont certains membres de la Convention redoutent le retour à la faveur de leurs travaux. "Vous n'êtes pas là pour être utilisés. On a fait une erreur sur la taxe carbone et j'ai ma part de responsabilité là-dedans", a répondu Emmanuel Macron. Un peu plus loin dans la conversation, il a poursuivi son mea culpa à propos de cette mesure. "Ce que je n'avais pas assez vu, c'est l'impact social sur des citoyens qui travaillent et vivent dans des endroits où il y a peu de transports collectifs", a-t-il déclaré. Relancé sur une éventuelle nouvelle taxe, il a précisé les conditions. "L'acceptabilité d'une telle taxation, si elle était remise sur la table, n'est soutenable que si elle prévoit des mécanismes d'accompagnement pour à la fois les plus modestes et ceux qui en sont les victimes", a-t-il estimé.

Il a proposé un "mécanisme" pour suivre l'application des mesures proposées

Questionné sur ce qu'il ferait des propositions de la Convention climat, notamment sur sa promesse de les soumettre "sans filtre" au Parlement ou à référendum, Emmanuel Macron a proposé aux citoyens de suivre l'application de leurs mesures. "Le diable étant dans le détail, il faudra mettre en place un mécanisme de suivi", a-t-il estimé. Après la remise des propositions début avril, le président s'est engagé à les analyser et à revenir devant la Convention citoyenne pour le climat pour dire ce qu'il en fera. Il s'est réservé le droit de ne pas être d'accord, tout en indiquant "ne pas être dans cette dynamique".

Il a rappelé son soutien au CETA, l'accord de libre-échange avec le Canada

Autre sujet brûlant, les accords de libre-échange et leur compatibilité avec la transition écologique. Interrogé sur la signature du CETA, ce traité entre l'Union européenne et le Canada, Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à ce texte. "Nous sommes dans une situation de confiance qui nous permet de ratifier le Ceta", a estimé le président, en évoquant le fait que le Canada respectait l'accord de Paris sur le climat. "La France aura toujours cette ligne de dire : nous n'aurons pas d'accord commercial avec un pays qui ne respecte pas l'accord de Paris", a-t-il assuré. Dans la même veine, le président de la République a vanté l'économie de marché. "Je crois que le modèle d'une économie de marché ouverte est compatible avec l'écologie", a-t-il déclaré, en estimant que les excès actuels étaient dû à un "capitalisme d'accumulation".

Vous êtes à nouveau en ligne