Débat présidentiel : découvrez les propositions qui se cachaient au milieu des invectives

Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat d\'entre-deux-tours, mercredi 3 mai 2017. 
Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat d'entre-deux-tours, mercredi 3 mai 2017.  (AFP)

Dans un débat marqué par les attaques personnelles, franceinfo a cherché à savoir si les candidats avaient également répondu sur le fond des questions abordées.  

Petites phrases, attaques frontales, insultes et imprécisions : le débat télévisé entre les finalistes de l'élection présidentielle, Emmmanuel Macron et Marine Le Pen, a tourné au pugilat. Mais qu'en est-il du fond ? Franceinfo a relevé ce qui s'est dit, de part et d'autre, sur les thèmes abordés mercredi 3 mai.

Des citations garanties expurgées (de la majorité) des attaques. 

Sur l'emploi et les 35 heures

Emmanuel Macron "Je propose de baisser l'impôt sur les sociétés", a déclaré le candidat d'En marche !. Prônant plus de "simplicité" et de "pragmatisme" "pour les TPE-PME", il détaille : "Il faut donner à nos PME la possibilité de créer davantage d’emplois, d’être plus flexibles, de s’adapter aux cycles économiques. Je veux de la simplicité pour créer un droit à l’erreur." Son modèle : "Une entreprise qui peut négocier un accord majoritaire avec les représentants, qui s'organise différemment, peut davantage faire face aux risques économiques et à la concurrence."

Marine Le Pen Interrogée sur la question des 35 heures, la candidate du FN a indiqué vouloir "que les négociations aient lieu par branche".

Sur le pouvoir d'achat

Emmanuel Macron "Je baisse les impôts des entreprises de 10 milliards, ceux des ménages de 10 milliards et je fais 60 milliards d'économies", a expliqué le candidat. "Et si on fait une croissance meilleure que prévu, car j'ai budgété une croissance maximale de 1,8%, ce sera affecté à la baisse de l'impôt sur le revenu, donc aux ménages." Pour tous les travailleurs, il a proposé de supprimer "les cotisations chômage et santé. Ils auront un gain de pouvoir d'achat."

Marine Le Pen "J'ai des mesures pour rendre l'argent aux Français : avec 10% de baisse sur les trois premières tranches d'impôt sur le revenu (...), par la défiscalisation des heures supplémentaires, une baisse du prix du gaz et de l'électricité de 5% car il y a eu des hausses successives (...), et une hausse des petites retraites (...). Si vous retirez les aides au logement, il y a une série de personnes qui ne pourront plus se loger. Je veux que l'aide soit augmentée. Je pense aux familles aussi (...) avec l'universalité du quotient familial." 

Sur la sécurité sociale 

Marine Le Pen "Nous ferons en sorte que le coût du médicament baisse, alors on pourra en rembourser plus", a déclaré Marine Le Pen. "Et ensuite, on pourra rembourser des choses qui ne l'étaient pas aujourd'hui. Il y a un bras de fer à faire avec les laboratoires. Il faut avoir de la volonté politique et arrêter de défendre les intérêts privés (...). Il y a beaucoup d'économies à faire, sans baisser les prestations données, avec la vente de médicaments à l'unité." 

Sur la question des désert médicaux, elle a assuré qu'il fallait "augmenter le numerus clausus. (...) Il faut mettre en place un stage d'internat de six mois, proposer des baisses de fiscalité des médecins qui sont à la retraite pour leur proposer de rester (...)."

Emmanuel Macron Le candidat a accordé moins de temps à cette question que sa rivale : "Je souhaite une clarification de la relation entre la Sécurité sociale, les mutuelles et les professionnels. Je suis pour la fin du numerus clausus. Ça prendra dix ans et on doit tout faire pour améliorer la prévention dans les écoles." Enfin, "je veux qu'on ait trois contrats-types pour tous les concitoyens, un moyen, un renforcé et un qui couvre tout. Je me suis donné le quinquennat pour obtenir une couverture à 100% [du dentaire, de l'optique et des prothèses]", a-t-il promis. 

Sur l'âge de départ à la retraite

Marine Le Pen "Les Français doivent partir à la retraite à 60 ans quand ils ont quarante annuités. Je m'engage à ce que ça soit le cas d'ici à la fin du quinquennat."

Emmanuel Macron "Je propose de garder un système par répartition : les actifs paient pour les retraités." "Il y a 37 régimes de base différents, les gens ne le comprennent pas. Je ne change pas l'année de départ, je ne change rien, les gens à qui il reste cinq ans les garderont. (…) Le système aura un pilotage négocié chaque année. Nous déciderons de manière responsable si on décale l'âge, ou si on augmente les cotisations."

Sur le terrorisme et la sécurité

Marine Le Pen "Contre le terrorisme, il faut retrouver nos frontières nationales tout de suite. Je le ferai immédiatement après mon arrivée au pouvoir", a promis Marine Le Pen, assurant qu'il fallait "tout de suite" expulser "les fichés S étrangers". Pour "tous ceux qui sont binationaux, on mettra en place la déchéance nationalité, a-t-elle ajouté. Avant qu’ils aient commis l’attentat, déchéance de nationalité, expulsion immédiate." Promettant de "s'attaquer à la racine du mal", Marine Le Pen a assuré qu'elle "[fermerait] les mosquées salafistes, les dealeurs de haine. Il faut éradiquer l'idéologie du fondamentalisme (...)".

Emmanuel Macron Le candidat a promis de "créer une 'task force' qui coordonnera les services de renseignement". Par ailleurs, "nous avons besoin d'une plus grande collaboration entre les pays européens." "Je veux mener une guerre intraitable hors de nos frontières. (...) En tant que chef des armées, je serai intraitable et je mènerai la lutte sur tous les plans." Côté sécurité, "nous devons mener une lutte intraitable, avoir une tolérance zéro (...)", a-t-il ajouté, assurant que la police devrait avoir "un pouvoir d'amende" "sur des délits du quotidien qui n'ont pas de réponse pénale. Sur un vol, comme on le fait sur les délits routiers. (...) Avec moi, toutes les peines prononcées seront appliquées", a-t-il lancé. 

Sur l'Union européenne et l'euro

Marine Le Pen Interrogée sur l'Europe, la candidate du FN s'est projetée dans son futur idéal : "L'Union européenne aura laissé la place à l'alliance des nations libres et souveraines, où les différentes nations pourront décider pour elles-mêmes, maîtriseront leurs frontières et qui entre, leur monnaie, pour lutter contre le chômage de masse, où quand les représentants des Français voteront une loi, elles seront supérieures aux directives européennes, et la liberté de faire du patriotisme économique." Sur les négociations de sortie de l'UE : "Je veux renégocier pour qu'on se libère de l'Europe (...)", et notamment de l'euro. "Non, on ne paiera pas avec l'euro. Les banques centrales, les grandes entreprises paieront avec, si elles le souhaitent."

Emmanuel Macron Le candidat d'En marche ! a quant à lui proposé "une Europe qui protège, où 50% des marchés sont réservés à des entreprises européennes, (...) une politique commerciale qui protège mieux qu'aujourd'hui, comme sur la sidérurgie." 

Sur la politique étrangère 

Emmanuel Macron "La ligne que je veux avoir pour la France en politique étrangère, c'est une ligne gaullo-mitterrandienne", a déclaré Emmanuel Macron, comme un appel du pied aux "insoumis" qui ont reconnu une expression maintes fois employée par Jean-Luc Mélenchon. "Je veux une France qui sache construire la paix. Ma priorité sera la lutte contre le terrorisme islamiste, et je proposerai à Monsieur Trump de continuer la lutte. Je proposerai à Monsieur Trump de continuer sur le climat (...)", a-t-il ajouté, signant une très rare mention de la question écologique. 

Marine Le Pen "La France sera respectée si elle redevient la France, avec sa petite voix particulière", a enchaîné la candidate frontiste, appelant à ce que la France "retrouve son indépendance", "ce que le général de Gaulle avait imposé à de multiples reprises". Où se situerait la France en termes de diplomatie ? "A équidistance des Etats-Unis et de la Russie, nous n'avons aucune raison de mener une guerre froide à la Russie", a répondu la candidate. 

Sur l'éducation

Emmanuel Macron Pour le candidat, "la mère des batailles, c'est l'école primaire". Et pour les plus grands ? "Beaucoup de nos jeunes ne vont pas réussir avec des formations académiques, l'apprentissage est indispensable, il faut en simplifier les règles. C'est le premier chantier de la reconstruction du pays", a-t-il lancé. 

Marine Le Pen La candidate a rappelé ce qu'elle ne voulait pas, dressant une critique virulente du système actuel : "On a arrêté d'enseigner le français, on a mis en place l'apprentissage de leur langue d'origine, on a arrêté la grammaire, on a arrêté le redoublement pour faire des économies, on a effondré l'autorité du maître. Il faut revenir à une école qui transmet dans la discipline."

Sur le handicap

Emmanuel Macron "Je revaloriserai l'allocation adulte handicapé de 100 euros par mois, car elle est sous le seuil de pauvreté. Je veux que plus de jeunes enfants en situation de handicap puissent aller à l'école, en créant les postes d'auxiliaires de vie scolaire (...)", a promis le candidat 

Marine Le Pen Sans le détailler, Marine Le Pen a quant à elle renvoyé les électeurs au programme de son soutien, Nicolas Dupont-Aignan, d'ores et déjà présenté comme son futur Premier ministre : il "est le plus complet sur la question." 

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