Présidentielle, débat télévisé : "C'est plus qu'un combat de boxe. C'est le moment de vérité"

Emmanuel Macron et Marine Le Pen participent, mercredi 3 mai 2017, au débat de l\'entre-deux-tours de la présidentielle. 
Emmanuel Macron et Marine Le Pen participent, mercredi 3 mai 2017, au débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle.  (JOEL SAGET / AFP)

Pour Jean-Christophe Gallien, politologue, communicant et professeur associé à l'université Paris 1-Sorbonne, le débat télévisé du mercredi 3 mai, "c'est le moment de vérité".

Les deux candidats du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se préparent ardemment avant le débat télévisé du mercredi 3 mai. Leur journée a été allégée, pour bien se concentrer, maîtriser tous les dossiers sur lesquels vont porter leurs joutes, et imaginer des ripostes et des attaques à son adversaire.

"C'est essentiel" pour les candidats, pour qui "c'est leur première fois", a expliqué mercredi sur franceinfo, Jean-Christophe Gallien, politologue, communicant et professeur associé à l'université Paris 1-Sorbonne, fondateur et dirigeant du cabinet Zenon7 Public Affairs. "Il faut, être sur les faits, provoquer sans tomber dans le mauvais style", a-t-il ajouté. 

franceinfo : Aujourd'hui les candidats n'ont pris aucun rendez-vous. Ils sont en train de plancher, relire leurs notes. C'est le mieux à faire ?

Jean-Christophe Gallien : C'est essentiel, finalement c'est comme leur finale de Roland Garros à chacun d'entre eux. En plus, c'est leur première. C'est une préparation de sportif de haut niveau. C'est plus qu'un combat de boxe. C'est le moment de vérité. Face à cet enjeu, face à cette pression, c'est de savoir comment résister à cette tension. Pour y résister, c'est un vrai challenge pour chacun d'entre eux. C'est leur première à ce niveau-là, encore plus pour Emmanuel Macron.

Une élection présidentielle peut se perdre ou se gagner sur un tel débat ?

Sur celle-ci, on n'a pas le sentiment que c'est aussi décisif que ça. Ce qui peut bouger, c'est le rapport de forces dans le résultat final. Le rapport de forces pour l'élection présidentielle, pour celui qui va l'emporter dans sa capacité de gouvernabilité et de l'autre côté la capacité de s'incarner en opposition très vite, notamment au moment des législatives. Les gens ont envie de choisir quelqu'un qui est meilleur qu'eux dans lequel ils peuvent s'incarner. C'est peut-être une force pour l'un d'entre eux, et il faut montrer qu'on est le mieux à-même de diriger ce pays de défendre ses intérêts, d'être le président pour les 5 ans qui viennent.

Est-ce-qu'une petite phrase peut tout faire basculer ?

Moi je crois que oui. Le bon mix à trouver, c'est entre la capacité d'être quasiment scénarisé d'avoir tout préparé en se disant que tout peut se passer et de garder l'imprévisibilité. Être à la fois très préparé et très agile et c'est compliqué. La capacité de pouvoir attaquer au bon moment, mais aussi d'être extrêmement précis, sourcé, c'est très important. Je crois qu'il faut prendre très vite le contrôle du rythme. Les dix premières minutes sont essentielles. Il faut, être sur les faits, provoquer sans tomber dans le mauvais style. En coulisse, se joue une autre bataille, c'est de savoir qui a gagné le débat. Chacun d'entre eux doit montrer qu'il est meilleur que l'autre. 

"C'est plus qu'un combat de boxe. C'est le moment de vérité" Jean-Christophe Gallien, politologue, au micro de Céline Baÿt-Darcourt
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