Peugeot 607, Citroën DS 5... "Les voitures de nos présidents actuels sont totalement uniformes et sans intérêt"

François Hollande sur les Champs-Élysées le jour de son investiture, le 15 mai 2012, à bord de sa Citroën DS 5.
François Hollande sur les Champs-Élysées le jour de son investiture, le 15 mai 2012, à bord de sa Citroën DS 5. (ALAIN JOCARD / AFP)

Quel modèle choisira Emmanuel Macron pour remonter les Champs-Élysées dimanche ? Pour François Delafon, fondateur du musée de l'Automobile-Nationale 6, ce choix reposera davantage sur la sécurité que sur l'esthétique ou sur le style de la voiture.

Jour de passation de pouvoir à l'Élysée, dimanche 14 mai. Emmanuel Macron, le nouveau président de la République sera observé de près. Parmi les détails qui auront sans doute leur importance, le choix de la voiture présidentielle pour remonter les Champs-Élysées et saluer la foule. En 2012, François Hollande avait opté pour une Citroën DS 5, cinq ans plus tôt Nicolas Sarkozy était monté à bord d'une Peugeot 607.

Si l'incertitude demeure quant au modèle de voiture qui sera choisi par Emmanuel Macron, il est certain que ce choix reposera davantage sur la sécurité que sur l'esthétique ou le style. C'est ce qu'explique François Delafon, fondateur du musée de l'Automobile-Nationale 6, à Sauvigny-le-Bois dans l'Yonne qui accueille d'anciennes voitures de chefs d'État. 

franceinfo : Comment ce choix de la voiture présidentielle a-t-il évolué sous la Ve République ?

François Delafon : À la fin de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à l'assassinat de Kennedy, ce sont des voitures exceptionnelles. En général ce sont des pièces uniques. Ce sont des cabriolets qui ne sont pas évidemment blindés, pas protégés. Et puis, à partir de l'assassinat de Kennedy, on a commencé à se préoccuper un peu plus de la sécurité des présidents. On a fait un certain nombre de voitures blindées jusqu'à Giscard. Giscard refusait les voitures blindées. Le président Mitterrand refusait les voitures blindées, c'étaient des voitures relativement ordinaires. 

À partir des années 2000, on a commencé vraiment à se préoccuper de la sécurité. Maintenant, c'est devenu indispensable. François Delafon, fondateur du musée de l'Automobile-National 6à franceinfo

Les modèles d'aujourd'hui sont-ils aussi mythiques que la DS du général de Gaulle ou les cabriolets dont vous parliez ? 

La voiture de chefs d'État, c'était un outil de communication. Pour les grands présidents des années 60, après la guerre. Il n'y avait pas internet, il y avait très peu de téléphone, une petite chaîne de télévision, deux ou trois radios donc il fallait communiquer à travers l'automobile. Maintenant, c'est complètement différent. Et les voitures de nos présidents actuels sont totalement uniformes, totalement sans intérêt à mon avis. Ce sont des voitures de série qui ont été blindées et pour lesquelles les constructeurs alternent. Alors, on prend Renault sous le président Sarkozy puis Citroën sous le président Hollande et puis, sous le président Macron, je ne sais pas, ils vont probablement prendre Peugeot. Pour le constructeur qui va avoir l'honneur d'avoir le président, c'est très important parce qu'il y a des retombées commerciales. C'est évident que la Citroën du président Hollande sous la pluie à son inauguration, cela a eu un impact sur les ventes, c'est évident. Les constructeurs ont des services spécialisés qui ont contacté l'Élysée en amont. 

On ne peut pas imaginer un président français rouler dans une voiture étrangère. Même une grosse Mercedes blindée. François Delafon, fondateur du musée de l'Automobile-national 6à franceinfo

Est-ce qu'on peut imaginer que ce soit une voiture "écologique" c'est-à-dire éventuellement une voiture hybride, voire une voiture électrique, ou c'est encore trop tôt ?

Moi, je pense que c'est une bonne idée. Oui, je pense qu'il va le faire. Parce qu'on est tout à fait capable d'avoir une voiture qui remonte et descende les Champs-Élysées sans avoir de panne.

"Les voitures de nos présidents actuels sont totalement uniformes, totalement sans intérêt", François Delafon, fondateur du musée de l'Automobile-Nationale 6 à franceinfo
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