Macron évoque ses "convergences" avec Juppé et tacle la "présidence de l'anecdote" de Hollande

Emmanuel Macron, ancien ministre de l\'Economie, assiste au sommet Hello Tomorrow, à Paris, le 14 octobre 2016.
Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie, assiste au sommet Hello Tomorrow, à Paris, le 14 octobre 2016. (ERIC PIERMONT / AFP)

L'ancien ministre de l'Economie estime partager la vision du favori de la primaire à droite "sur ce que peut et doit être la vie en société", dans un entretien publié dimanche dans "Challenges".

Des coups et un clin d'œil. L'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron fait un appel du pied à Alain Juppé, favori des sondages pour la primaire à droite, dans une interview publiée en ligne, dimanche 16 octobre, par l'hebdomadaire ChallengesL'ancien ministre, qui a quitté le gouvernement à la fin août pour se consacrer à son mouvement "En Marche !" dans la perspective de la présidentielle, s'éloigne, en revanche, un peu plus de François Hollande.

S'il ne reprend pas à son compte le concept d'"identité heureuse" cher au maire de Bordeaux, parce que "trop statique" et "trop loin de la réalité" à ses yeux, Emmanuel Macron déclare : "Il n'en est pas moins vrai que j'ai avec Alain Juppé des convergences sur ce que peut et doit être la vie en société.S'il est élu président de la République en mai 2017, Alain Juppé a toutefois déjà exclu de choisir comme Premier ministre Emmanuel Macron, qu'il jugeait le 2 octobre "ni compétent, ni loyal".

Une "présidence de l'anecdote"

Emmanuel Macron tacle, en revanche, sévèrement l'actuel chef de l'Etat, dont il rejette le concept de "président normal", critique la façon de gouverner, et avec qui il admet avoir eu des "désaccords" dès l'époque où il n'était que son conseiller. "Les Français attendaient (...) un projet collectif fondé sur une idéologie claire et cela n'est jamais venu, tance-t-il. Par manque de clarification idéologique, François Hollande a, dès le premier jour, commencé à cohabiter avec son propre camp."

"Je ne crois pas au président 'normal'. Les Français n'attendent pas cela", ajoute l'ex-ministre, pour qui le chef de l'Etat "doit conduire la société à force de convictions, d'actions, et donner un sens clair à sa démarche." "Une présidence de l'anecdote, de l'événement et de la réaction banalise la fonction" et nuit à son efficacité, assure-t-il. Il prône pour sa part une présidence "de type gaullo-mitterrandien", réconciliée avec le temps long et dont "l'autorité n'a pas besoin d'être démontrée".