Libye : une "priorité" pour Emmanuel Macron, "la diplomatie française se remet à flot"

Hélène Bravin, le 25 juillet 2017.
Hélène Bravin, le 25 juillet 2017. (FRANCEINFO)

Alors que les deux frères ennemis lybiens se rencontrent mardi 25 juillet à Paris, sur franceinfo, la chercheuse associé à l'IPSE, Hélène Bravin, se félicite qu'Emmanuel Macron ait "fait de la Libye une priorité".

Les frères ennemis libyens, le politique Fayez al-Sarraj et le militaire Khalifa Haftar, se rencontrent près de Paris sous l'égide du président français, Emmanuel Macron, mardi 25 juillet. Le général Haftar ne reconnait pas la légitimité de Fayez al-Sarraj en tant que Premier ministre.

Hélène Bravin, chercheuse associé à l'IPSE (Institut Prospective & Sécurité en Europe), a déclaré mardi sur franceinfo qu'Emmanuel Macron avait "fait de la Libye une priorité", contrairement à son prédécesseur. "La réduction du Conseil présidentiel, instance dirigeante en Libye (...), est un élément qui pourrait relancer le dialogue" entre les deux hommes, a-t-elle ajouté.

franceinfo : La rencontre du mardi 25 juillet entre les deux hommes est-elle inédite ?

Hélène Bravin : Les deux hommes se sont déjà vus à Abou Dhabi [Émirats Arabes Unis]. Ils ont mis sur la table des éléments de controverse, mais sont partis dans l'idée d'en rediscuter. La France prend l'initiative de les faire se rencontrer car la diplomatie française se remet à flot. Emmanuel Macron a fait de la Libye une priorité alors que sous Hollande, il n'était pas question d'en parler. Emmanuel Macron veut relancer le dialogue sur de nouveaux éléments de négociation qui n'ont pas été établis par les émissaires de l'ONU.

Quels éléments Emmanuel Macron sort-il du chapeau ?

La réduction du Conseil présidentiel, instance dirigeante en Libye, réclamée par le général Haftar, est un élément qui pourrait relancer le dialogue. Il est aujourd'hui composé de neuf membres, qui se marchent sur les pieds. Il faudrait diminuer le Conseil de neuf à trois membres. L'ONU est en échec en Libye. Les envoyés spéciaux ont commis des erreurs stratégiques, il faut réparer cela.

Il y a beaucoup d'enjeux pour la France et l'Europe concernant la Libye ?

Aujourd'hui les frontières libyennes ne sont pas gardées. Depuis que Kadhafi est mort il y a une insécurité totale, il arrivait à contrôler l'immigration, aujourd'hui ce n'est plus possible. Il faut trouver une solution à la crise politique libyenne pour régler ce problème. C'est un enjeu capital pour l'Italie, pour l'Europe, et aussi pour la Libye.