Législatives : à Paris, un candidat en fauteuil à la conquête d'un siège à l'Assemblée

Ryadh Sallem en campagne.
Ryadh Sallem en campagne. (Jérôme Jadot)

Ryadh Sallem, membre de l’équipe de France paralympique, entrepreneur social et militant associatif, se présente aux élections législatives pour la dixième circonscription de Paris sous l'étiquette PS.

Sera-t-il le premier député en fauteuil roulant à l'Assemblée nationale ?
Ryadh Sallem se présente dans la dixième circonscription de Paris (13e et 14e arrondissements). Son équipe met en avant son CV de grand sportif : un record mondial en natation, trois titres européens en basket-fauteuil et toujours membre, à 46 ans, de l'équipe de France de rugby-fauteuil. Il a participé à cinq reprises aux Jeux paralympiques avec l'équipe de France. "C'est un monsieur qui, comme vous le voyez, est né lourdement handicapé. Il est né sans jambes et pratiquement sans bras. Mais ça ne l'empêche pas de se bagarrer. C'est un battant ce monsieur", raconte l'un des militants de Ryadh Sallem. 

C'est un monsieur qui nous donne de l'espoirUn militant socialiste qui soutient Ryadh Sallem à franceinfo

Le candidat commence à être reconnu dans la rue. Yacine, lui aussi en fauteuil, l'apostrophe : "On ne voit pas beaucoup de personnes avec un handicap à l'Assemblée ou dans ce genre de milieu. Je trouve que c'est important. Avec des dreadlocks en plus !"

L'hémicycle où siègent les députés n'est pas encore accessible aux fauteuils. "On est une structure qui vote des lois, et qui va être obligée de s'appliquer cette loi à elle-même" affirme Ryadh Sallem.

Parmi les thèmes que le sportif voudrait porter, il y a bien-sûr le handicap, mais aussi la jeunesse et l'environnement. Il compte ainsi s'appuyer sur son expérience de militant associatif et d'entrepreneur car Ryadh Sallem dirige une société de production audiovisuelle. 

Pourquoi s'engager auprès du Parti socialiste ? 

Ryadh Sallem est issu de la société civile et n'a pas d'expérience en politique. Pourquoi ne pas avoir rejoint le mouvement En Marche !? "Je suis candidat en route, désolé !" sourit le sportif.  "J'aime beaucoup ce qu'a amené cette dynamique, d'ouvrir la société civile à la politique. Donc oui, j'aurais pu être En Marche !, mais là, c'est avec le Parti socialiste que je m'engage."

Avant d'être appelé par Anne Hidalgo, la maire de Paris, Ryadh Sallem avait pourtant aussi été sollicité par le mouvement d'Emmanuel Macron. Mais il ne voulait pas, dit-il, s'engager à voter toutes les lois, il le fera au cas par cas. "En réalité, quand on regarde dans l'absolu, je suis le candidat du renouveau, et d'autres non !"

La députée sortante dans le viseur 

Dans l'oeil du viseur de Ryadh Sallem : Anne-Christine Lang, député PS sortante de la circonscription voisine, mais investie dans la dixième par La République En marche et qui ne compte pas partager l'étiquette. "Il ne suffit pas d'être tout nouveau en politique pour être En Marche. Il est manifestement soutenu par Anne Hidalgo, qui n'a pas caché son opposition, parfois très vive, avec Emmanuel Macron" déclare Anne-Christine Lang.

Ce soutien du PS ne sera pas forcément un grand atout dans des arrondissements où Benoît Hamon n'a recueilli que 12% des suffrages au premier tour de la présidentielle, trois fois moins qu'Emmanuel Macron. "Mais les handicaps, je connais ça depuis que je suis tout petit" s'amuse Ryadh Sallem.