Le "Journal de l'île de la Réunion" publie une page blanche : "C'était pour montrer notre mécontentement après avoir été interdits de visite" avec Emmanuel Macron

Capture écran de l\'article du \"Journal de l\'île de la Réunion\". 
Capture écran de l'article du "Journal de l'île de la Réunion".  (CAPTURE ECRAN TWITTER)

Lukas Garcia, le rédacteur en chef, a expliqué sur franceinfo pourquoi le journal a publié une page blanche et un éditorial critique sur la venue du président de la République. 

"On ne pensait vraiment pas que cela prendrait autant d'ampleur", a déclaré vendredi 25 octobre sur franceinfo Lukas Garcia, rédacteur en chef du Journal de l'île de la Réunion. Le quotidien a laissé une page complètement blanche dans ses feuillets pour protester contre sa mise à l'écart du déplacement d'Emmanuel Macron dans le quartier des Camélias à Saint-Denis jeudi. "C'était notre manière de montrer notre mécontentement après avoir été interdits de visite", a commenté Lukas Garcia, qui a également publié un éditorial qui explique sa démarche.

Le rédacteur en chef du Journal de l'île de la Réunion a expliqué que "deux journalistes devaient assister à cette séquence, ils n'ont pas eu le droit de monter dans le bus des journalistes accrédités". Lukas Garcia a expliqué avoir, la veille, "titré de manière un petit peu provocatrice sur les premières annonces du président Macron, assez décevantes". "Pour l'instant, c'est du vent", pouvait-on lire en une du Journal de l'île de la Réunion. Selon lui, cette une a un lien avec leur éviction de la visite présidentielle : "On nous a fait savoir que ça avait déplu en plus haut lieu".

Dès la semaine dernière, on a eu des coups de fil de l'Elysée auprès de notre directeur général pour se plaindre d'un premier éditorial. Voilà le contexte un peu compliqué, des relations tendues avec l'Elysée.Lukas Garciaà franceinfo

Le rédacteur en chef du Journal de l'île de la Réunion a aussi insisté sur le mécontentement ressenti vis-à-vis des annonces du chef de l'État : "Pour nous, il y a peu de choses nouvelles. Il y avait pourtant une vraie attente."

Dans son éditorial, Lukas Garcia explique également que tous les chefs d'État vantent le "potentiel" de La Réunion. "Giscard en 1976 débitait les mêmes banalités. Ce potentiel on a du mal à le transformer, ce sont des jolis mots mais ça remplit pas le frigo."

"On attendait des mesures fortes, notamment en termes d'emploi, donc il y a une vraie déception. Depuis plusieurs mois, des ministres venaient ici en nous disant qu'il fallait attendre la venue du président, que des choses fortes seraient annoncées. Au final il n'y a pas grand-chose", conclut Lukas Garcia. 

Ce vendredi après-midi en conférence de presse, Emmanuel Macron a réagi. Le président de la République a déclaré qu'il n'était pas nécessaire de recevoir une accréditation pour couvrir ce déplacement: "Je ne crois pas que quand on est journaliste, on attende de pouvoir être invité pour informer", a-t-il commenté.

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