Jean-Louis Debré : "Je retrouve des accents gaulliens quand on dit qu'il faut dépasser la notion de droite et de gauche"

Jean-Louis Debré, encore président du Conseil constitutionnel, pose pour un photographe au Palais-Royal à Paris, le 9 février 2016.
Jean-Louis Debré, encore président du Conseil constitutionnel, pose pour un photographe au Palais-Royal à Paris, le 9 février 2016. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Invité sur franceinfo, dimanche, l'ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a dit avoir retrouvé chez Macron, lors de la passation de pouvoir, dimanche, "cette façon d'aller au devant des Français" comme "avec Jacques Chirac".

Ancien président du Conseil constitutionnel et ancien président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré juge que les partis traditionnels sont aujourd'hui complètement dépassés. Il souhaite faire confiance à Emmanuel Macron pour renouveler la vie politique française.

franceinfo : Que faudrait-il à Emmanuel Macron pour attirer à lui des personnalités des rangs des Républicains ?

Jean-Louis Debré : Aujourd'hui, il y a un fait : pour la première fois sous la Ve République, les deux grands partis traditionnels, la droite et la gauche n'étaient pas au second tour de l'élection présidentielle. Ce n'est pas un hasard. Il faut donc une recomposition de la vie politique. Je retrouve des accents gaulliens quand on dit qu'il faut dépasser la notion de droite et de gauche. Sincèrement, je ne comprends pas celles et ceux qui s'engagent dans les élections législatives en disant 'on veut notre revanche et on cherche une cohabitation'. La logique des institutions de la Ve République, ce n'est pas la cohabitation.

Dans l'élection majeure qu'est l'élection présidentielle, les Français ont fait confiance à un homme nouveau. Essayons de soutenir cette confiance, car ce qui est en jeu, c'est l'avenir de la France et non pas l'avenir des partis politiques traditionnels dont on sait qu'ils n'ont plus les bons logiciels.Jean-Louis Debréà franceinfo

Durant la passation de pouvoir, j'ai retrouvé, dans cette façon d'aller au-devant des Français, une attitude que j'ai connue avec Jacques Chirac. On ne reste pas enfermé, il y a une volonté d'aller vers celles et ceux qui viennent vous applaudir. Il y avait quelque chose de très similaire.

Est-ce un style nouveau, un homme réellement nouveau qui s'installe à l'Élysée ?

Profondément je crois que les Français voulaient un changement : de générations, d'hommes, et il y a là un visage nouveau qui rentre dans le cercle présidentiel. Peut-être nous serons déçus, je ne sais pas, mais dans tous les cas, moi, je lui fais confiance. Essayons de donner une nouvelle image de la politique. Une politique qui dépasse les clivages droite/gauche qui sont hérités du XIXe siècle et une image politique qui est de regarder les problèmes en face et non pas de se préoccuper de la popote des petits partis politiques qui sont complètement désavoués. C'est un tempérament français d'être toujours procureur. Pour une fois, essayons de positiver. Nous avons traversé des périodes difficiles. Très intelligemment, Macron s'est inscrit dans cette lignée des présidents de la République.

Continuons à avoir comme ambition l'avenir et non pas le rétropédalage vers le passé.Jean-Louis Debréà franceinfo

Je pense que les partis politiques tels qu'on les a connus sont terminés, ils n'ont plus rien à dire. J'en veux pour preuve qu'aucun des deux grands partis politiques n'est au second tour de l'élection présidentielle. Et bien prenons acte de cela, que les partis traditionnels remettent en marche leur logiciel. Et le logiciel des Français aujourd'hui, c'est de se retrouver tous ensemble.

Quelle image retenez-vous de cette journée d'investiture ?

J'en retiendrais de la dignité, du respect. On n'est plus dans la fête à neuneu, on est dans la direction de la France, dans une période difficile, et avec un homme qui est de bonne volonté, qui veut rassembler, au-delà des clivages traditionnels et c'est ça qui m'importe.