ISF, "flat tax" sur le capital, impôt sur les sociétés... Quand Macron et Fillon font les mêmes propositions fiscales

Le candidat d\'En marche ! Emmanuel Macron, le 2 mars 2017 à Paris. 
Le candidat d'En marche ! Emmanuel Macron, le 2 mars 2017 à Paris.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Les deux candidats à la présidentielle ont planché, lundi, devant la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Moins haletant que le feuilleton autour du maintien de la candidature de François Fillon, mais plus concret. Plusieurs candidats à la présidentielle ont planché, lundi 6 mars, devant la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Les Echos notent que les programmes de François Fillon (Les Républicains) et d'Emmanuel Macron (En marche !) "convergent sur les PME". Mais il existe d'autres convergences. Voici en particulier trois propositions fiscales très semblables.

Une "flat tax" à 30% sur les revenus du capital

Dans son projet pour l'entreprise, François Fillon annonce clairement qu'il veut "revoir la fiscalité" du capital. Il suggère donc d'instaurer une "flat tax à 30% sur tous les revenus du capital". 

Emmanuel Macron lui fait écho, dans une proposition relevée le 27 février dans Le Figaro "Un nouveau prélèvement forfaitaire unique sera créé à un taux de l'ordre de 30%, prélèvements sociaux inclus, pour tous les revenus du capital."  Prônée par les libéraux, la "flat tax" est un impôt à taux unique ou proportionnel, qui s'oppose à l'impôt progressif.

L'impôt sur les sociétés réduit à 25%

Autre point d'accord : le candidat de droite comme celui d'En marche ! "veulent baisser l'impôt sur les sociétés à 25% d'ici à la fin du prochain quinquennat", notent Les Echos.

Tous deux poursuivraient ainsi la logique amorcée pendant le quinquennat de François Hollande. "En septembre dernier, souligne La Tribune, le gouvernement a annoncé que le taux d'impôt sur les sociétés (IS) des entreprises en France (33,3%) serait abaissé progressivement à 28% sur l'ensemble des entreprises d'ici à 2020."

L'ISF dans le viseur

Comment s'attaquer à l'impôt sur la fortune (ISF) sans que cela soit trop visible durant la présidentielle, tant la mesure apparaît comme un cadeau accordé aux plus riches ? François Fillon ne s'en cache pas. "Je propose de supprimer l’ISF, qui fait fuir les capitaux et fragilise le capital des entreprises", écrit-il dans son programme. Devant la CGPME, il a promis, constate Les Echos, "sa disparition" dès 2018, tout en reconnaissant que ce serait "un débat difficile, car il n'est pas populaire de supprimer l'ISF".

Emmanuel Macron, lui, l'a déjà dit : il entend transformer l'ISF en impôt sur "la rente immobilière". Concrètement, seuls les biens immobiliers seraient pris en compte. Les détentions d'actions ou d'entreprises, qui "financent l'économie réelle", seraient exclues du calcul. Si l'objectif est de favoriser les investissements productifs, de nombreuses voix à gauche font remarquer que ce sont en général les plus riches qui possèdent à la fois des biens immobiliers et mobiliers. Et donc qu'ils verraient évidemment leur ISF fortement réduit.

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