Grand débat national : "Le président est condamné à réussir", estime le président des maires ruraux du Lot

Le président de l\'association des maires ruraux du Lot, Christian Venries.
Le président de l'association des maires ruraux du Lot, Christian Venries. (CAPTURE D'ÉCRAN / FRANCEINFO)

Christian Venries a fait une intervention remarquée à l'occasion de la deuxième grande consultation du chef de l'État, dans le Lot, vendredi 18 janvier.

"Arrêtez de stigmatiser, d'opposer, de mépriser"... Le maire de Saint-Cirgues et président de l'association des maires ruraux du Lot, Christian Venries, a prononcé un sévère réquisitoire vendredi 18 janvier contre Emmanuel Macron, à l'occasion de la deuxième grande consultation organisée par le chef de l'État devant plus de 600 maires d'Occitanie à Souillac (Lot). Selon lui, le grand débat organisé à Souillac a permis de "poser une première pierre d'un édifice" mais le chef de l'État sera "jugé sur des actes concrets", a-t-il déclaré samedi sur franceinfo

franceinfo : Il fallait du courage pour tancer le chef de l'État comme cela devant 600 autres élus ?

Christian Venries : Je ne sais pas si c'est courageux ou pas, mais j'ai pour habitude de dire les choses, de parler avec ce que je suis, avec mon expérience d'élu sur le terrain mais aussi de travailleur social. Je m'occupe de personnes vulnérables et je peux vous dire que les gens vivent très mal d'être stigmatisés. Et à ce moment difficile que vit notre pays, je crois qu'on n'a pas besoin d'opposer les gens les uns contre les autres. Je crois qu'il faut vraiment apaiser, faire retomber la pression.

Avez-vous eu le sentiment qu'il y avait une liberté de parole lors de ce grand débat ?

C'est clair que le débat était ouvert, il n'y avait pas de sujets tabous. Des réponses ont été adressées à chacun des intervenants. Je dirais qu'il y a des portes entrouvertes, notamment sur la place que doit retrouver la commune, les moyens dont elle doit disposer. Emmanuel Macron était venu pour venir écouter les élus du Lot et d'autres départements d'Occitanie. On a posé une première pierre d'un édifice mais que nous le jugerons sur des actes concrets, sur les mesures qui seront mises en place. Il est trop tôt pour se prononcer. Nous sommes conscients que tout ne se fera pas en un jour, mais le président est condamné à réussir, parce que sinon les conséquences seront réellement désastreuses pour notre pays.

Quelle est la priorité des priorités selon vous ?

Il y en a tellement ! Mais je pense qu'il faut redonner du pouvoir d'achat, il faut revoir certaines ressources, notamment les minima sociaux, rétablir la justice sociale, réduire la fracture... Il y a tellement de choses, mais cela fait tellement de temps aussi que nous, élus de terrain, on faisait remonter tout ça et qu'on n'était pas entendus. Ce qui arrive aujourd'hui, moi je n'en suis pas étonné, on est nombreux à ne pas en être étonnés, parce qu'on sentait très bien la colère qui montait, l'incompréhension et le ras-le-bol des gens.

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