VIDEO. Emmanuel Macron : "Je veux éradiquer la colère dont le Front national se nourrit"

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Après le débat télévisé de mercredi soir qui a vu s'affronter Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le candidat d'En Marche ! a confié jeudi matin sur France inter qu'il souhaitait "redonner du sens à l’aventure collective" des Français.

Emmanuel Macron entend "éradiquer la colère dont le Front national se nourrit", a-t-il assuré jeudi 4 mai sur France Inter, au lendemain du débat télévisé d'entre-deux-tours qui l'a opposé à Marine Le Pen. "Il faut redonner du sens à l’aventure collective qui est la nôtre, et dans énormément d’endroits, il n’y en a plus", a expliqué le candidat d'En Marche ! à la présidentielle.

"Tordre le coup à tous les mensonges"

Fallait-il débattre avec le Front national ? Jacques Chirac avait, en 2002, refusé de débattre face au parti d'extrême droite pour ne pas, disait-il, cautionner la "banalisation de la haine et de l'intolérance". Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron confie s'être posé la même question. "J'ai beaucoup pensé à Jacques Chirac et à la campagne de 2002, mais je crois qu’il faut débattre avec le FN. On n’arrive pas à tordre le cou à tous les mensonges, mais on en tue quelques-uns", a estimé le candidat d'En Marche. "Il est indispensable d’aller sur le terrain de bataille, même si on se salit un peu, parce que nos concitoyens attendent, parce qu'ils ont mis Marine Le Pen au deuxième tour", a poursuivi Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a estimé que "la vraie différence avec 2002, c'est qu'il n'y a pas de front républicain". "Il n'y a pas une espèce de prise de conscience collective, politique, médiatique, citoyenne pour dire 'no pasaran', en quelque sorte (...) parce qu'il y a indéniablement une banalisation du Front national, parce qu'il est plus fort qu'en 2002, et parce qu'il n'y a pas un consensus entre les forces politiques classiques pour faire cela".

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"Quand vous vous faites insulter toute une soirée, a poursuivi Emmanuel Macron, vous n'en ressortez pas grandi (...) Les mots ont un pouvoir, parce que des gens n'iront pas vérifier, ils entendent des bardées d'injures, que vous êtes un agent de l'UOIF, de la finance." "A la fin, ça imprime", souligne le candidat. "Je le subis tellement depuis des mois sur Internet sans avoir la possibilité de répondre", a ajouté Emmanuel Macron.

Les faiblesses des démocraties face aux extrêmes

"C’est un défi pour toutes les démocraties ouvertes" d'accepter ce type de débat, a insisté Emmanuel Macron. Les démocraties "ont des faiblesses face au terrorisme et, idéologiquement, elles ont des faiblesses face aux extrêmes. Le rapport à la vérité est ce qui normalement partagé dans le débat politique, et quand vous avez des gens qui fabriquent des nouvelles, qui utilisent des voies contournées, qui sont dans le mensonge, c’est un affaiblissement moral, intellectuel, etc. Donc il faut le combattre."

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