Emmanuel Macron à la Réunion : "Tout le monde est inquiet, on a besoin de décisions fortes", affirme un député LR de l'île

David Lorion, député de la Réunion, à l\'Assemblée nationale le 22 octobre 2019. 
David Lorion, député de la Réunion, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2019.  (S?BASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

David Lorion rappelle qu'à la Réunion "le coût de la vie est 38% plus cher que les produits métropolitains alors que les salaires moyens sont plus bas", alors que le chef de l'État est attendu sur place mercredi. 

Après Mayotte, Emmanuel Macron est attendu à la Réunion mercredi 23 octobre. Le coût de la vie reste l'une des principales préoccupations des Réunionnais, près d'un an après la crise des "gilets jaunes" qui avait paralysé l'île pendant trois semaines. "Tout le monde est inquiet, on a besoin de décisions fortes", a déclaré sur franceinfo David Lorion, député LR de la 4e circonscription de la Réunion.

franceinfo : Qu'attendez-vous d'Emmanuel Macron ?

David Lorion : Il faut qu'il prenne conscience que quatre Réunionnais sur dix sont en-dessous de seuil de la pauvreté. Le taux de chômage est de 25% et jusqu'à 50% des jeunes sont au chômage. La situation est extrêmement difficile. Les voyants sont au rouge. Il faut qu'il se saisisse de cette situation et qu'il nous propose une politique de convergence. A la Réunion, la contestation est sourde, parfois avec un peu de dépit en disant que rien ne va se passer, que le président vient juste en tournée électorale juste avant les élections. Il y a un peu de défaitisme et tout le monde attend de voir ce qu'il va se passer. C'est un avis que j'espère ne pas pouvoir partager à la fin de sa visite. On a besoin de décisions fortes.

Qu'attendez-vous comme mesures ?

Un certain nombre de politiques publiques, notamment de développement économique, du tourisme, de l'éducation, familiale, d'accompagnement des jeunes. Cela nécessite de financements nationaux qui sont plus importants que ceux qui existent aujourd'hui mais aussi la prise ne compte d'un certain nombre de spécificités locales. Il est nécessaire de mieux accompagner l'emploi des jeunes, la continuité territoriale, de permettre la construction de logements sociaux, un meilleur accompagnement des entreprises dans le cadre de la production locale.

Un an après la crise des "gilets jaunes" les mesures sont-elles appliquées ?

La crise des "gilets jaunes" a été le déclencheur d'une situation qui dure depuis une dizaine d'années. Toute la situation n'est pas évidemment la faute du gouvernement Macron, c'est une situation qui s'est dégradée au fur et à mesure, il n'y a pas de problème qui a été résolu. Aujourd'hui, ce sont des décisions très fortes que nous attendons sur le pouvoir d'achat, le coût de la vie est 38% plus cher que les produits métropolitains alors que les salaires moyens sont plus bas et le taux de pauvreté plus important. On veut que le gouvernement français reconnaisse qu'il y a un souci à Mayotte et à la Réunion et qu'il mette en place des moyens nécessaires pour y faire face.

Les syndicats réunionnais appellent à la grève générale pour ce jeudi. Ils dénoncent l'absence de réponse à hauteur des enjeux. Etes-vous d'accord ?

Oui, parce que la situation s'est empirée. Le chômage est reparti à la hausse, les prix sont repartis à la hausse, les résultats économiques des entreprises ne sont pas bons. Il y a des inquiétudes fortes et notamment sur la fonction publique. Aujourd'hui, tout le monde est inquiet et attend la déclaration d'Emmanuel Macron.

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