Déplacement de Macron à Las Vegas en 2016 : des perquisitions menées chez Havas et Business France

Emmanuel Macron, alors ministre de l\'Economie, sur le stand d\'une start-up française au salon CES organisé à Las Vegas (Etats-Unis), le 7 janvier 2016.
Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, sur le stand d'une start-up française au salon CES organisé à Las Vegas (Etats-Unis), le 7 janvier 2016. (ROBYN BECK / AFP)

L'organisation d'un événement sur place avait été confiée au géant Havas, sans appel d'offres, par Business France.

L'enquête sur l'organisation d'un déplacement d'Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'Economie en janvier 2016 à Las Vegas avance. Des perquisitions ont été menées, mardi 20 juin au matin, au siège du groupe publicitaire Havas et de l'agence nationale Business France, a appris franceinfo auprès de sources proches de l'enquête.

Une enquête préliminaire pour "favoritisme, complicité et recel de favoritisme" avait été ouverte à la mi-mars par le parquet de Paris, après des soupçons de dysfonctionnements dans l'organisation de ce voyage. Elle avait été confiée au géant Havas, sans appel d'offres, par Business France, l'organisme d'aide au développement international des entreprises françaises alors dirigé par l'actuelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Une soirée à près de 400 000 euros

Les policiers de l'office anticorruption (Oclciff) ont mené simultanément les perquisitions dans les locaux d'Havas à Puteaux (Hauts-de-Seine) et ceux de Business France à Paris. Selon Le Canard enchaîné, qui avait révélé l'affaire, le coût de la soirée organisée lors de la grand-messe mondiale de l'innovation technologique à Las Vegas, le Consumer Electronics Show (CES), aurait atteint 381 759 euros, dont 100 000 euros pour les seuls frais d'hôtel.

Alors ministre de l'Economie, Emmanuel Macron y avait été ovationné par plus de 500 personnalités et dirigeants de start-up françaises. Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l'Economie "sont totalement hors de cause", avait affirmé son successeur à Bercy, Michel Sapin, le 8 mars, relevant dans cette affaire "un dysfonctionnement de Business France".

L'organisme a reconnu sa responsabilité, en affirmant que "le choix d'un prestataire capable de prendre en charge l'organisation de l'événement aux Etats-Unis et les actions de communication associées (...) avaient été faits selon une procédure pouvant potentiellement être affectée d'irrégularité".