Défense, éducation, zone euro... Les propositions d'Emmanuel Macron pour refonder l'Europe

Le président Emmanuel Macron prononce un discours sur l\'Europe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, le 26 septembre 2017.
Le président Emmanuel Macron prononce un discours sur l'Europe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, le 26 septembre 2017. (LUDOVIC MARIN / POOL)

Le président de la République a prononcé, mardi 26 septembre, à la Sorbonne à Paris, un discours fleuve où il a énoncé ses propositions sur l'Europe.

Des envolées et du concret. Le président de la République, Emmanuel Macron, a lancé, mardi 26 septembre, devant un public d'étudiants européens réunis au grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, plusieurs propositions pour relancer une Union européenne jugée  "trop faible, trop lente, trop inefficace". Voici les principales mesures prônées par le chef de l'Etat français.

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Défense : créer une "force d'intervention" et un parquet antiterroriste commun

Emmanuel Macron a d'abord abordé les sujets de défense et de sécurité. Il a estimé qu'il fallait créer une "académie européenne du renseignement" qui permette le rapprochement des capacités de renseignement des différents pays. Il a surtout prôné la création "d'une force commune d'intervention" européenne pour 2020. Il veut que l'Europe se dote d'un "budget de défense" commun et d'une "doctrine commune pour agir"Il a également proposé de créer un "parquet européen" contre le terrorisme.

Migrations : créer un Office européen de l'asile

L'Union européenne doit créer "dans l'année qui vient un office européen de l'asile, mettre en place des fichiers interconnectés et des documents d'identité biométriques sécurisés, ainsi qu'établir progressivement une police des frontières européenne", a expliqué Emmanuel Macron. Il a aussi jugé que l'Union européenne devait financer "un large programme européen de formation et d'intégration pour les réfugiés".

Fiscalité : taxer les géants de la Silicon Valley

"L'Union européenne doit assurer l'équité et la confiance dans la transformation numérique en repensant ses systèmes fiscaux", a-t-il déclaré. Reprenant une position déjà portée par la France en Europe, Emmanuel Macron s'est prononcé pour une taxation des géants du numérique sur la base du chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays. Objectif : éviter "l'optimisation fiscale" largement pratiquée par les "Gafa" (Google, Apple, Facebook et Amazon), qui s'arrangent pour exporter leurs bénéfices dans les pays européens les plus avantageux fiscalement (Irlande, Pays-Bas).

"Nous ne pouvons pas accepter d'avoir des acteurs européens qui sont taxés et des acteurs internationaux qui ne le sont pas, des acteurs du numérique qui n'ont aucune taxe et qui viennent concurrencer des acteurs de l'économie traditionnelle qui, eux, la paient", a expliqué le président français. Aussi le nouveau mécanisme fiscal doit-il porter sur "la valeur créée là où elle est produite". 

Zone euro : nommer un ministre des Finances commun

Emmanuel Macron a réitéré sa proposition de créer un "ministre des Finances de la zone euro" avec "un contrôle démocratique". Il juge aussi que "l'Europe doit se doter d'instruments de solidarité concrète par la convergence sociale et fiscale, notamment sur l'impôt sur les sociétés". Enfin, il a prôné, d'ici à 2020, l'obligation par les Etats membres de respecter une fourchette de taux pour l'impôt sur les sociétés pour bénéficier des fonds structurels.

Commerce : nommer un procureur commercial européen

Emmanuel Macron a prôné un marché unique "plus simple et plus protecteur associé à une politique commerciale refondée pour assurer la transparence dans les négociations, le respect de l'exigence sociale et environnementale, et la réciprocité". Il veut aussi "un procureur commercial européen chargé de vérifier le respect des règles par les concurrents de l'Union européenne" et la sanction "sans délai de toute pratique déloyale".

Institutions : changer le fonctionnement

Il a laissé entendre que l'Europe devrait fonctionner à plusieurs vitesses. "Ceux qui veulent aller plus loin et plus vite doivent pouvoir le faire. Il faut que l'avant-garde accélère le rythme." Il a jugé que l'Union européenne "devra s'ouvrir aux pays des Balkans s'ils respectent les conditions" et que "le Royaume-Uni pourra trouver la place qui est la sienne dans l'Union européenne refondée". "Il faut réduire le nombre de commissaires européens à 15 membres", a-t-il estimé, sur le plan des institutions. "La France est prête à renoncer temporairement à son représentant à Bruxelles dans un système de rotation."

Social : mettre en place un socle de droits sociaux européens

Le président de la République a réclamé "une discussion dès novembre sur un socle de droits sociaux européens. Il faut garantir à tous un salaire minimum, adapté à la réalité économique de chaque pays, et encadrer la concurrence par les niveaux de cotisations sociales."

Climat : instaurer un prix du carbone minimum en Europe et une taxe carbone aux frontières 

Emmanuel Macron a proposé de fixer au niveau européen un "juste prix" pour le carbone, dont les échanges permettent de pénaliser les industries polluantes. Ce prix doit être "suffisamment élevé" pour encourager la transition écologique, donc d'au moins 25 à 30 euros la tonne.

Parallèlement, il a proposé de mettre en place aux frontières européennes une taxe sur le carbone qui pèserait sur les importations issues d'industries polluantes, afin "d'assurer l'équité entre les producteurs européens et leurs concurrents".

Education : permettre aux étudiants de "maîtriser deux langues européennes"

Il a souhaité que les étudiants parlent au moins deux langues européennes d'ici 2024, et veut la construction d'ici 2024 d'une vingtaine d'universités européennes.

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