Débat : "Marine Le Pen est arrivée en winner, elle pensait déstabiliser Emmanuel Macron, mais ça ne prenait pas"

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, lors du débat avant le second tour de l\'élection présidentielle, le 3 mai 2017.
Emmanuel Macron et Marine Le Pen, lors du débat avant le second tour de l'élection présidentielle, le 3 mai 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le communicant Franck Tapiro juge le débat télévisé de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de mercredi soir d'"agressif" et note que Marine Le Pen est "complètement passée à côté" en tombant dans le "piège de l'agressivité".

Invité de franceinfo, le communicant Franck Tapiro estime jeudi 4 mai que Marine Le Pen est "tombée dans le piège de l'agressivité", lors du débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, mercredi soir, alors qu'Emmanuel Macron est resté plus calme, selon lui. Son analyse, quelques minutes après la fin des échanges.

Franck Tapiro : On a rarement vu un débat de l'entre-deux-tours aussi agressif. Le débat s'est transformé en combat, surtout au démarrage. Marine Le Pen a été curieusement pendant tout le débat portée sur une seule ligne, l'attaque d'Emmanuel Macron. On sait très bien que dans un débat, surtout un débat de second tour, il faut éviter de se positionner par rapport à l'autre, mais plutôt par rapport à soi, ses idées, et faire vibrer les électeurs potentiels. Marine Le Pen est complètement passée à côté, elle n'a fait que réunir son camp. Elle n'a pas parlé aux autres.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen n'ont pas du tout été sur le même registre.

Il y en avait une qui attaquait, l'autre qui répondait. Il y a eu de l'aïkido de la part d'Emmanuel Macron et de l'attaque systématique de la part de Marine Le Pen. Emmanuel Macron a eu raison de ne pas tomber dans le piège de l'agressivité dans lequel est tombée Marine Le Pen. Les Français n'aiment pas l'agressivité. Ils aiment bien les gens qui imposent leur leadership. Ce n'est pas en étant agressif qu'on prend le lead, c'est en étant calme, serein. Celui qui a été calme ce soir, c'est Emmanuel Macron.

On a l'impression que les "punchlines", les petites phrases du débat ont été préparées à l'avance, vous êtes d'accord ?

Il y avait des punchlines préparées. On le voit dans les images, Marine Le Pen regarde d'abord ses notes puis balance la punchline. Je pense qu'il y avait énormément de punchlines préparées à l'avance et qui manquaient de contextualisation. Alors que ce qu'il y a de magnifique dans une punchline, c'est quand elle arrive de façon improvisée et qu'elle résume la problématique, le contexte, et qu'elle renvoie une réponse qui fait oublier l'attaque. Je pense qu'elle est arrivée un peu en winner, elle pensait déstabiliser Emmanuel Macron mais ça ne prenait pas. Malheureusement, les problématiques de fond sont passés inaperçues. Les gens ont apprécié le combat mais quand on regarde en tant qu'observateur, on peut regretter le niveau des attaques. Le niveau politique, sémantique, n'était pas du niveau des débats des trente dernières années.

Franck Tapiro : "Il y en avait une qui attaquait, l'autre qui répondait."
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